Criminalité : Les violences intrafamiliales en forte hausse en Guyane
Le préfet de Guyane, Thierry Queffelec, présente les chiffres en rapport avec la sécurité en Guyane pour l’année 2022. S’il affirme que certains faits violents sont en baisse, la Guyane reste cependant en tête de la liste des territoires avec un taux de délinquance élevé.
Procureur de la République, représentants de police nationale, de la gendarmerie, des forces armées de Guyane ou encore de la douane… Ils étaient tous présents ce vendredi matin à la préfecture.
En effet, c’est entouré de ces représentants des forces de l'ordre que Thierry Queffelec, préfet de Guyane, a dressé le bilan 2022 de la sécurité du territoire.
Si l’on effectue un comparatif entre les années 2021 et 2022, une augmentation des homicides est notable. 47 homicides ont ainsi été recensés en 2022 contre 31 en 2021.
Une augmentation de 51% qui compte 26 faits dits « non crapuleux » parmi lesquels figurent deux féminicides et la mort de deux nourrissons. Pour les 21 autres « faits crapuleux », ils concernent soit des morts en forêt - souvent liées à l'orpaillage illégal - ou encore des homicides en milieu urbain.
« Pour quelques faits de plus, les homicides occupent les réflexions. Il faut bien noter que pour 46 % de ces homicides on parle de tueries dans un milieu intrafamilial. En Guyane, on est dans des positions très hautes dans les violences au sein des fratries, dans la famille … », insiste Thierry Queffelec
Des chiffres élevés dans lesquels il faut également comptabiliser les 8,4% supplémentaires de faits - coups et blessures, violences familiales, violences sexuelles... - commis dans le cercle familial en 2022, soit 1 246 faits sur 19 933.
« Ces faits conduisent à environ 5 ou 6 gardes à vue par jour », reconnaît Yves Le Clair, procureur de la République.
« Ces chiffres sont à la hausse et la fin du confinement - due au Covid - n'y a pas mis un terme ! Nous avons maintenant un système de bracelets électroniques et de téléphones grand danger. Pour le moment, il n'y a eu aucune agression envers les personnes qui ont ce dispositif », ajoute le commissaire de police Philippe Jos, directeur territorial de la police nationale.
Concernant les vols à main armée ( -14%), les cambriolages (- 6%) ou encore les vols de voitures (-21%), les délits semblent être en diminution. Pour le préfet ces chiffres s'expliquent car, « la police, la gendarmerie et la douane font leur travail, grâce notamment à une amélioration des moyens ».
Thierry Queffelec qui se veut déjà optimiste pour le bilan 2023, admet néanmoins qu'il a beaucoup de travail à faire. Il souligne que l'étude qui doit être faite de ce bilan 2022 sur la sécurité en Guyane est « une analyse assez sociologique ».
« Il y a bien plus de garde à vue, plus de policiers … Pour le moment, nous gérons les stocks. Les prochaines marges de progrès et d’améliorations de statistique, c’est d’attaquer la machine de production de la délinquance. Au niveau de l’État, on va concentrer des volumes d’argent et travailler en accord avec les maires qui ont des responsabilités, la Collectivité territoriale de Guyane (CTG), le rectorat dans le cadre des cités éducatives, ou encore la CAF dans la politique de la ville. Si l’ensemble de la puissance publique qui peut et va faire bouger le département s’attelle fermement, en plus des renforts de la police pure, je pense qu’on va pouvoir avoir des résultats en 2023. Tout ceci doit se travailler sur la partie sociale », conclut le préfet en fin de conférence.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters