Les routiers devant le palais de justice
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Les routiers devant le palais de justice

Pierre Rossovich

L’Union Guyanaise des Transporteurs Routiers manifestait ce vendredi matin devant le palais de justice, à Cayenne. Elle soutenait le Groupement des Transporteurs Guyanais, assigné en justice pour avoir bloqué le chantier d’enrochement de Chaton, en mars dernier.

Des camions pour bloquer le palais de Justice. Ce vendredi matin, l’Union Guyanaise des Transporteurs Routiers (UGTR) a perturbé l’audience qui se déroulait au tribunal de Cayenne. Une soixante de camions est descendue au croisement de l’avenue de Gaulle et de la rue Arago puis, « pour ne pas gêner la population », seulement cinq camions sont restés stationnés aux environs du palais de justice.
L’UGTR entendait ainsi exprimer son désaccord suite à l’assignation en justice du Groupement des Transporteurs Guyanais (GTG) par la société de transport Ygmy, pour « entrave à la liberté de travail ». Une plainte déposée dans le cadre du marché à bon de commande de l’enrochement de Chaton, en mars dernier, durant lequel 900 tonnes de roches devaient être transportées. La société Ribal, titulaire du marché, avait employé Ygmy pour l’occasion. Le GTG avait alors demandé de pouvoir mettre un camion sur le chantier. Devant le refus de Ribal, le groupement avait bloqué le chantier durant trois jours. « Dans un contexte de crise, il faut que tous les transporteurs puissent avoir une part du gâteau », explique Dominique Mangal, président de l’UGTR. Après une réunion de médiation à la mairie de Cayenne, un camion GTG a finalement été accepté sur le chantier, qui se déroula ensuite sans d’autres encombres. La société Ygmy a néanmoins porté plainte contre le GTG pour son action et réclame une indemnisation de 800 euros par jour de blocage. Ce matin, l’affaire a été renvoyée au 14 mai.
Les frères ennemis du transport ?
« Je veux que l’on me donne ma paix lorsque je travaille », nous a répondu Paulin Bellemare, gérant d’Ygmy. À l’UGTR, qui l’accuse de casser les prix, le patron d’Ygmy répond qu’il a le « droit, en tant que transporteur agrée, de pratiquer les prix qu’il veut. Ils n’ont aucune raison de me bloquer ». De son côté l’UGTR réclame l’allotissement des marchés publics concernant le transport. « La commande publique fait vivre 90 % des transporteurs en Guyane, précise Dominique Mangal. Or, il n’y a pas de concurrence réelle, les marchés sont distribués sur des facteurs de fidélité ». « Le problème de certains transporteurs est que, lorsqu’il pleut, ils restent au lit, alors que moi, je travaille », rétorque Paulin Bellemare, qui a été également président du GTG de longues années. L’UGTR ne devrait pas en rester là et menace d’aller au rapport de force en cas de non-allotissement des marchés. De son côté, la société Ygmy assure qu’elle portera plainte « à chaque fois » qu’on l’empêchera de travailler. À noter que ce n’est pas le premier conflit entre l’UGTR et Ygmy. En 2010 déjà, l’UGTR avait bloqué l’accès aux camions de Paulin Bellemare, choisi pour le chantier de la station d’épuration à Cayenne. Ils estimaient alors que les tarifs pratiqués par la société étaient déloyaux.