Le chemin Patient rouvre la semaine prochaine
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INFO FRANCE-GUYANE

Le chemin Patient rouvre la semaine prochaine

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr
Les glissements de terrain de la "montagne du tigre" vient d'atteindre l'ancien chemin Patient.
Les glissements de terrain de la "montagne du tigre" vient d'atteindre l'ancien chemin Patient. • ARCHIVES

La mairie de Rémire-Montjoly organise une réunion sur le site du boulevard Bassière à 14 heures lundi en compagnie du BRGM et de la DGTM. Elle doit annoncer la réouverture de cet axe devenu majeur pour de nombreux automobilistes.

Tout le monde a remarqué des embouteillages depuis deux semaines, certes circonscrits mais jamais vus pendant les grandes vacances autour de Rémire-Montjoly et de la route de Baduel à Cayenne.
Si pour la ville capitale, les travaux liés au TCSP (Transport en commun en site prioritaire) sont responsables de ces bouchons, à Rémire-Montjoly, le nombre de nouveaux immeubles d'habitations peuvent inquiéter les riverains.
 
Un premier ouf de soulagement pourra être exprimé la semaine prochaine. Le boulevard Bassière, plutôt connu comme le chemin Patient rouvre. Il s'agit de cet ancien chemin où la famille Patient résidait, transformé en un beau et long boulevard qui rejoint la route du Tigre et le lycée Lama-Prévôt. Un axe qui libère le rond-point Tablon d'un côté, et la piste Tarzan de l'autre.
La zone à risque selon l'arrêté municipal de la mairie de Rémire-Montjoly - DR

Il était fermé à cause de deux petits glissements de terrain d’environ 1 500 m3, le 25 mai 2021, suivie d’un troisième glissement ayant atteint cette fois-ci la route.
Plusieurs rapports du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ont été effectués. Le dernier qui date du vendredi 29 juillet entrevoit l'ouverture de cette route communale.
Il apparait possible d’envisager une réouverture de la route dés à présent, sous réserve de poursuivre la surveillance continue du versant et de fixer des criteères d’alerte basés sur la pluviométrie et la piézométrie. Les critères fournis dans ce rapport sont valables jusqu’à la prochaine saison des pluies début 2023”, écrit le spécialiste après avoir effectué plusieurs carottages sur zone.

Pour autant, le versant sud de la Montagne du Tigre, pre?sente un coefficient de sécurité global inférieur à 1,5 ne permettant pas de garantir la stabilite? de fac?on pe?renne. “Une étude de seécurisation à long terme de la route reste à réaliser par une maitrise d’œuvre géotechnique”, préconise le BRGM.

Les risques de glissement terrain résident dans le manque de profondeur de la nappe phréatique quand elle atteint son niveau maximal. Le coefficient de sécurité au glissement varie à l’inverse des courbes piézométriques. C'est à dire par rapport à la mesure de profondeur de la surface de la nappe d'eau souterraine.

Les vitesses de descente aprés un pic sont plus lentes : il faut environ sept à dix jours relativement secs pour revenir au niveau piézométrique d’avant l’épisode trés pluvieux”, indique le BRGM.
Donc le boulevard reprend du service mais sous surveillance des cumuls pluviométriques. “Les critères d’alerte devant conduire à une fermeture d’urgence dans les 24 heures sont : cumul pluviométrique supérieur à 100 mm en 24 heures ou supérieur à 120 mm en 48 heures”, établit l'expert. Dans ce contexte pluvieux, la route serait de nouveau fermée pendant dix jours au minimum.
Un risque exceptionnel d'un glissement gigantesque
En juillet 2021, France-Guyane rappelait les risques de glissement de cette montagne du Tigre.
Il y a une forte probabilité de « petits » glissements de terrain à hauteur de 500 m3, c’est-à-dire qui ne devraient pas se répercuter sur la route.
Il y a également une forte probabilité de glissements de moyenne ampleur susceptibles d’atteindre la route.
Il est possible – et cela concerne toute l’Ile de Cayenne - qu’il y ait à l’avenir des glissements de terrain résiduels de 100 000 m3.
Enfin, il y aurait un risque « exceptionnel » d’un glissement pouvant atteindre jusqu’à 500 000 m3

Au vu de ces risques, “ la solution de sécurisation la plus évidente est une déviation de la route au-delà de la zone de propagation d’un glissement de grande ampleur. D’autres solutions consistant en des travaux de confortement et de stabilisation du talus pourraient également être envisagés”, conclut le BRGM.

La zone à risque selon l'arrêté municipal de la mairie de Rémire-Montjoly • DR