La centrale de Dégrad-des-Cannes sera prolongée
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Energie

La centrale de Dégrad-des-Cannes sera prolongée

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr
la sénatrice, Marie-Laure Phinéra-Horth, présente ce matin lors de la réunion de travail sur l'énergie, a obtenu du Palais du Luxembourg qu’une étude soit menée sur le système d’approvisionnement énergétique dans les Outre-mer. Le rapport doit être rendu d’ici à six mois.
la sénatrice, Marie-Laure Phinéra-Horth, présente ce matin lors de la réunion de travail sur l'énergie, a obtenu du Palais du Luxembourg qu’une étude soit menée sur le système d’approvisionnement énergétique dans les Outre-mer. Le rapport doit être rendu d’ici à six mois. • DR

La réunion de travail qui s'est déroulée à la CTG, à Suzini, ce vendredi matin a mentionné de nombreuses études et audit en cours sur la distribution de l'électricité sans donner plus d'informations ou de garantie aux différents élus, notamment à ceux de l'Ouest mais la prolongation de la centrale thermique de Dégrad-des-Cannes a été entérinée.

L'éclat de voix s'est entendu au-delà de la salle de la commission permanente de l'hôtel territorial de Suzini. Sophie Charles, maire de Saint-Laurent du Maroni et présidente de la Communauté de communes de l'Ouest guyanais était encore sur l'émotion après la réunion de travail sur la distribution de l'énergie en Guyane qui s'est déroulée vendredi dès 8h30.
 
Madame le maire de Saint-Laurent du Maroni, Sophie Charles n'a pas hésité à montrer son mécontentement face aux 41 coupures d'électricité que sa commune a subies depuis janvier. • G. Guitteau
Nous avons subi 41 coupures d'électricité depuis janvier sans aucune communication ou informations de la part d'EDF. Nous sommes mal desservis pour y remédier nous devons obtenir des moyens de productions plus proche de nous”, plaide l'édile.

En ligne de mire de Sophie Charles : la centrale électrique de l'Ouest guyanais (CEOG), d'une capacité de 10 mégawatts toujours bloquée par des "réticences" selon lemot du préfet des habitants du village de Prospérité situé à proximité de la future centrale.

C'est au préfet de gérer cette situation. Même si la centrale voit le jour et que les travaux débutent maintenant, elle ne sera pas opérationnelle d'ici 2024. Nous avons une phase de transition à envisager en sachant que les batteries de Mana [de la société Voltalia] n'ont pas fonctionné lors du dernier black-out”, prévient la présidente.

Son mécontentement est rejoint par le président de la Collectivité territoriale (CTG) Gabriel Serville :”Nous ne pouvons pas développer économiquement notre territoire et spécifiquement l'Ouest guyanais avec de telles difficultés d'approvisionnement et de distribution d'électricité.
Thierry Queffélec, le préfet est revenu sur ses propos tenus lors du point presse le matin du black-out. Actuellement, la Guyane a besoin en moyenne de 90 Mégawatts par jour mais il y a des pointes à 122 Mw. Petit-Saut produit 65% de l'électricité en Guyane et peut monter selon les conditions météorologiques à une production de 110Mw. • G. Guitteau

La PPE 2023-2028 sera effective dés le début de l'année
Au-delà de la production d'énergie, la réunion a mis en avant les problèmes récurrents dans la distribution de l'électricité et ces fameuses lignes de 20 000 volts. La perte d'énergie est connue de tous ceux qui ont été attentifs à leur cours de physique de cinquième. Un audit est en cours depuis le black-out de début août. Les résultats sont attendus impatiemment par les acteurs politiques qui discutent de la prochaine programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) qui s'étalera de 2023 à 2028.
Nous devons signer d'abord un accord de programmation entre l'Etat et la CTG puis après avoir écouter tous les acteurs de l'énergie et élus, un décret devrait sortir début 2023 qui figera les arbitrages pris”, confie le préfet.

Il est à noter qu'aucune référence n'a été faite en direction du syndicat mixte de l'énergie (Smiguy). Celui-ci créait par arrêté préfectoral en 2020, a son siège social dans la commune de Sinnamary d'après les sources sur le net. “Il est urgent de mettre en place ce syndicat. On attend les maires de Guyane. L'un des freins étaient sans doute le choix du lieu d'installation. Maintenant, nous devons le rendre efficace”, encourage Gabriel Serville.
"EDF s'est toujours désengagée "
Par aillerus,  à Paris, au Palais Bourbon, Jean-Victor Castor est intervenu dans la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire où il siège par rapport à la sobriété énergétique, thème très en vogue dans l'Hexagone et qui tente de s'imposer en Guyane dans le débat sur la centrale du Larivot.
Nous connaissons la sobriété depuis toujours par nos traditions et nos cultures et par les délestages et coupures qui [interviennent] toute la journée. 50% de population n'a ni eau et/ou ni électricité. Il s'agit donc d'un débat surréaliste.
EDF, j'y ai travaillé pendant vingt et un ans, s'est toujours désengagée en matière de transport, de production et de distribution d'énergie.
Nous, notre industrialisation n'a pas encore commencée. Depuis 2007 la décision de construire une nouvelle centrale a été prise, en 2022 le permis de construire de cette centrale a été interdit. Nous rencontrons aussi l'interdiction de produire du gaz ou du pétrole chez nous mais vos multinationales sont très agressives et engagées sur tout le plateau des Guyanes du Venezuela au Brésil. Attendez vous au pire chez nous car les gens n'accepteront pas qu'il n'y ait pas de décision
”, conclut le député de la première circonscription.
Une voix absente ce matin pendant la réunion mais qui ne devrait pas l'être lors des discussions sur la PPE, prochain chantier imminent sur l'énergie.
Le président de la Collectivité territoriale discute avec l’État dans le cadre de la PPE dont les arbitrages seront rendus début 2023. • G. Guitteau