" Ils se tirent une balle dans le pied"
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3 questions à Michel Dubouillé, ancien secrétaire général de Guyane écologie

" Ils se tirent une balle dans le pied"

Propos recueillis par Gérôme Guitteau, g.guitteau@agmedias.fr
Michel Dubouillé, ex-Guyane écologie
Michel Dubouillé, ex-Guyane écologie était en faveur de Jean-Victor Castor lors des dernières législatives. • GG

Michel Dubouillé a participé aux discussions de création de la centrale électrique de l’Ouest guyanais. Ces discussions ont donné lieu à un accord entre le village de Prospérité et Hydrogène de France (HDF), la société derrière ce projet électrique. Il était en faveur du projet, depuis, l’homme s’est retiré de son parti et Guyane écologie s’est positionné contre la CEOG.

Comment avez-vous été mêlé aux négociations entre la CEOG et Prospérité ?

Je n’ai pas participé aux négociations avec le village de Prospérité mais comme membre d’un parti politique, la CEOG m’a demandé mon avis sur son projet. On s’est rencontré plusieurs fois. La CEOG, elle, négociait avec le Yopoto Sjabere.

Vous étiez en faveur de ce projet…

En tant que politique, nous devons réfléchir à l’intérêt général. Pas comme un environnementaliste qui s’oppose à tout ce qui peut détruire la nature. Il souhaite sanctuariser la Guyane tandis que le politique est pragmatique. Mais à l’inverse je ne suis pas en faveur du fameux éviter compenser remplacer. Si on compense en donnant des zones inadaptées, ce n’est pas bon. On protège la forêt mais on peut aussi l’exploiter. Cela se programme, se planifie avec une volonté politique qui structure la filière ou l’exploitation.

Prospérité a obtenu bien plus que n’importe quel(le) population ou village dans l’histoire de la Guyane. 1 250 000 euros de garantie qui permet d’emprunter pour n’importe quel projet concernant l’autonomisation du village. 50 000 euros donnés annuellement à l’association du village pendant 25 ans. Ils ont obtenu 3 000 puis 4 500 hectares avec un accès à la crique Sainte-Anne et un passage sur le site de production.

Vous êtes contre la mobilisation actuelle des habitants ?

Je condamne l’intervention de la gendarmerie et l’arrestation et la mise en garde à vue du chef Sjabere. Pour autant, il faut reconnaître que deux personnes, que je ne nommerais pas, influencent en coulisses. Ils veulent absolument monter la première zone à défendre en Amazonie. Il faut arrêter de vouloir calquer ce qui se fait en Europe. Nous sommes en Guyane. Ils se tirent une balle dans le pied. Ce dossier est une question de gros sous. Qui va gérer cette garantie de 1,2 million d’euros ? Les 50 000 euros annuels ? C’est un gâchis. Christophe Pierre avait donné son accord, il a tourné casaque, pourquoi ? La cheffe des Kali’na, Bénédicte Fjeke de Terre Rouge était pour mais elle ne peut pas s'opposer à Roland Sjabere. Maintenant, ils revendiquent la terre et les zadistes sont derrière. Je pose une dernière question. Pourquoi le chef Sjabere s’est toujours opposé à une enquête sociale, voulue par la CEOG ? Il voulait que cela soit une personne du village, quand ils ont trouvé la personne, il a dit non pour finalement accepter bien tardivement. Pourquoi toutes ces tergiversations ?