Migrants : «On vit au cœur des événements internationaux»
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Migrants : "On vit au cœur des événements internationaux"

Gaëtan TRINGHAM (g.tringham@agmedias.fr)
Le préfet, Thierry Queffelec, s'exprime sur le sujet des demandeurs d'asile
Le préfet, Thierry Queffelec, s'exprime sur le sujet des demandeurs d'asile

Alors que le sujet des demandeurs d'asile est revenu au centre de l'actualité, le préfet Thierry Queffelec apporte ses précisions sur le dossier. Sur le site de la Verdure les chambres ne sont plus disponibles, la situation de l'emplacement est en sursis. 

Lundi soir, l'arrivée soudaine de plusieurs dizaines de migrants, rue Arago, a fait vivement réagir la mairie de Cayenne. "Où est le préfet ? Il est en train de dormir tranquillement chez lui alors qu'il connaît la situation", s'exclamait Sandra Trochimara en constatant le regroupement. Le lendemain, le maire de Cayenne a été à l'initiative du déplacement de ces personnes devant la préfecture. Ce mercredi, alors que les migrants squattent toujours les rues de Cayenne le préfet Thierry Queffelec a tenu à aborder le sujet et "prendre de la hauteur" sur la question. Tout d'abord, les chiffres des services de l'État sont donnés.

Situation ce 4 avril à 18 heures rue Arago, à Cayenne.  • GT

Environ 2800 demandeurs d'asile arrivent en Guyane chaque année. Historiquement, les Haïtiens formaient la majeure partie de ces personnes (approximativement 48% d'entre eux). Mais ces dernières années, les origines des ressortissants arrivants en Guyane ont été bouleversées. "On vit au cœur des événements internationaux", explique le préfet. Il fait référence à la forte proportion d'arrivées - ces dernières années - en provenance de Syrie, d'Afghanistan et encore plus récemment du Sahara occidental.  Selon les derniers chiffres, seuls 21 % d'Haïtiens figurent désormais au registre des demandeurs d'asile en Guyane. Depuis le début de l'année 87 Afghans, 239 Syriens et 324 marocains du Sahara occidental sont arrivés en Guyane. Ce nombre grandit tous les jours.

 

Le centre d'accueil de Regina doit ouvrir en novembre

Le nombre de 2800 demandeurs d'asile reste pourtant approximativement le même. La différence est que beaucoup plus d'arrivants demandent à présent un logement d'accueil, le temps d'obtenir la demande d'asile, puis partent vers l'hexagone une fois celle-ci obtenue.

 

C'est pour cela que Thierry Queffelec met en avant l'effort fournit dans la mise en place de nouveaux lits. En deux ans, le nombre de places réservées à cet effet est passé de 400 à 1200. 10, 9 millions d'euros auraient été investis en 2022. À partir de novembre 2023, 60 nouvelles places "pérennes" seront effectives à Regina, ainsi que 60 nouvelles places à Sinnamary. Rappelons que ce nouveau centre à Regina est attendu depuis juillet 2022.

Le préfet se demande si la Verdure doit fermer

Ce mardi, une nouvelle dimension à la problématique a été mise en avant par les Sahraouis logés au site de la Verdure, sur la route du Tigre. Au-delà du nombre de lits proposés, eux, ont dénoncé les mauvaises conditions d'accueil. "On n'a plus d'électricité, on a seulement une salle de bain pour tout le monde et c'est très sale", a dénoncé par exemple Ouchen. "C'est très très sale. Cela fait trois mois que je suis là ", déclarait encore Achraf. Ils sont 120 sur place selon ce dernier, 85 actuellement selon le préfet, 100 selon la conseillère municipale de Cayenne, Laura Hidair. Le nombre reste très élevé pour l'espace attribué. D'autant que les sept chambres qui avaient été réservées aux familles de migrants ne sont plus à disposition. Elles ont été fermées indique Thierry Queffelec. Tous sont agglutinés sous un carbet d'une taille similaire à la terrasse extérieure du bar des Palmistes. Quatre nouvelles toilettes vont bientôt être disponible sur place dit par ailleurs le préfet.

L'unique salle de bain selon les demandeurs d'asile logés au camp de la Verdure, sur la route du Tigre  • DR

Les mauvaises conditions de la Verdure ne sont pas contestées par le représentant de l'État. "Je me pose de plus en plus la question de la fermeture de la Verdure. Oui, ils sont mal logés, mais ils peuvent aller ailleurs" (les hommes seuls présents là-bas n'entrent pas dans les critères de vulnérabilité prévus par la loi ndlr). La Verdure est "une entorse à la loi. On donne un espace pour qu'ils ne soient pas rue Madame Payé. On le conserve par humanité."

Sandra Trochimara rêve probablement d'une humanité encore plus grande pour libérer les rues de Cayenne.

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