104 logements squattés évacués dans le quartier Concorde, à Matoury
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104 logements squattés évacués dans le quartier Concorde, à Matoury

Gaëtan TRINGHAM, g.tringham@agmedias.fr
Une centaine de gendarmes ont participé à l'opération de "desquattage" du quartier Concorde
Une centaine de gendarmes ont participé à l'opération de "desquattage" du quartier Concorde • G.T.

Près d'une centaine de gendarmes ont été mobilisés pendant la journée, certaines familles ont pu bénéficier d'un relogement

À la demande de la Semsamar, le bailleur social, de très nombreux logements squattés du quartier Concorde, à Matoury, ont été évacués par les forces de l'ordre, ce 28 juillet. 104 habitations étaient concernées par cette opération prévue depuis plusieurs semaines. Plusieurs avaient déjà été libérés avant la venue des forces de l'ordre ce jour.

"Nous avons fait un travail avec les commissaires de justice et avec notre personnel pour demander à ces familles de partir. Nous allons proposer une quinzaine de relogements à certaines familles", affirme Klara Kelly, directrice de la gestion locative à la Semsamar. "Dans le même temps, la DGCOPOP (direction générale de la cohésion et des populations) organise l'hébergement d'urgence de certains d'entre eux", assure-t-elle.

Un grand nombre d'immeubles du quartier étaient concernés par cette opération d'ampleur.

Comme nous avons pu le constater sur place, tout le secteur était encadré par un dispositif important d'une centaine de gendarmes. Chaque personne tentant d'entrer, France-Guyane y compris, a fait l'objet d'un contrôle.

"Nous non plus, on ne sait pas où on va aller"

"On ne nous a pas mis dehors comme des chiens, mais on ne nous a pas donné de solution non plus", s'exclame une femme qui reconnaît s'être installée "illégalement, il y a deux mois."

"Nous non plus, on ne sait pas où on va aller, peut-être à la plage...", témoigne une autre femme, enfant au bras. "On a de la famille ici, mais avec tous les enfants, on ne va pas être acceptés chez eux longtemps", raconte une autre femme avec huit enfants, et qui au moment où nous l'avons rencontrée ne savait pas encore où elle dormirait ce lundi soir.

"On aide les Syriens, mais pas les Guyanais. Ils ont toqué à la porte et sont entrés directement. On dormait encore", ajoute un squatteur.

 

 

Les occupants ont eu jusqu'à deux heures pour quitter les lieux. Ils avaient été prévenus de cette opération, il y a un peu plus d'une semaine. Certains attendaient encore leurs effets personnels en fin de matinée. La préfecture précise : "Cette action fait suite à plusieurs plaintes déposées par le propriétaire du site, dans le cadre de l'article 38 de la loi DALO. Elle a été précédée de constats d'occupation, d'un diagnostic social et d'un travail de coordination avec les forces de sécurité et les acteurs sociaux."

"Ça nous stresse de voir ces gens qui ne paient pas"

Un locataire en règle, croisé dans la résidence, se confie : "Cette évacuation est un peu brouillon parce qu'il y a des enfants dans la rue. Mais bien sûr que les squatteurs nous gênent. Ça nous stresse de voir ces gens qui ne paient pas et qui profitent alors que nous, on paie toutes les charges." Kelly Klara affirme à ce sujet aussi : "Des gens réglo paient leurs loyers, c'est rageant pour eux. Ils se plaignent régulièrement de cette injustice auprès de nous."

La représentante de la Semsamar ajoute : "Parmi les personnes visées aujourd'hui, les premiers sont arrivés en novembre, puis beaucoup à partir de janvier. Il y a eu quelque chose d'organisé. Des gens sont arrivés ensemble en bus comme si c'était une filière."

Des squatteurs victimes d'un escroc

Les squatteurs confirment : "On a tous donné des sous à quelqu'un pour entrer dans ces logements-là. On a quasiment tous donné à la même personne." "On s'est fait avoir par un escroc", ajoute un autre.

D'après nos informations, une enquête a bien été lancée par les forces de l'ordre au sujet de ces manœuvres frauduleuses au profit d'un marchand de sommeil. 

Les agents d'EDF étaient aussi sur place pour s'occuper des branchements illégaux. D'après la préfecture : "Cette opération marque une étape essentielle pour restaurer la tranquillité du quartier et permettre la réhabilitation du parc immobilier." La Semsamar en profite pour prévenir : "Nous ne sommes pas favorables à l'institutionnalisation du squat. Ce n'est pas parce qu'on squatte qu'on obtiendra un logement. Il y a de nombreuses personnes qui attendent depuis très longtemps. Ce n'est pas la bonne façon de faire."

L'opération était encore en cours à 16 heures.

Le bailleur prévient aussi qu'une demande a été réalisée pour qu'une opération similaire soit menée dans le quartier Sainte-Agathe, à Macouria. 

 

De nombreux secteurs du quartier étaient concernés
De nombreux secteurs du quartier étaient concernés • G.T.

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