Grève UTG SGDE : les partis discutent mais ne s'entendent pas !
Une énième discussion, entre les grévistes de l'UTG et la direction de la SGDE, s'est tenue ce mardi après-midi au siège de la compagnie. Les discussions ont tourné court.
Les grévistes ont rencontré une nouvelle fois la direction de la Société Guyanaise des Eaux (SGDE) ce mardi 27 octobre en début d'après-midi. L'Union des Travailleurs Guyanais (UTG) a vite quitté la table des négociations "Ils nous ont fait les mêmes propositions. Rien n'a changé !", déplore Yannick Benth qui est retourné au piguet de grève avec ses camarades.
Les représentants des grévistes, Yannick Benth, Yannick Xavier, Alain Balum, Tony Magne et Ludovic Eliador avaient tenu, une heure avant, une réunion publique. Ils y réitéraient leur non-implication à une quelconque manipulation du réseau qui aurait conduit à une interruption de l'approvisionnement en eau samedi 24 octobre.
Cette réunion était aussi l'occasion de présenter un schéma du réseau de distribution. Sur ce schéma, dessiné à la main, les grévistes tiennent à démontrer que l'interruption de l'approvisionnement en eau du centre hospitalier était évitable en détournant l'eau d'autres zones de Cayenne. "Le centre-ville de Cayenne est alimenté par le Fort Cépérou et il y avait de l'eau. Comment l'eau pouvait arriver au Fort Cépérou et alimenter le centre-ville mais ne pouvait pas atteindre l'hôpital qui est juste avant dans le réseau ? Autre anomalie : au bout de Baduel, il y a Suzini et Bourda. Comment se fait-il qu'il y avait de l'eau à Bourda et toute la ZAC Hibiscus alors qu'il n'y avait pas d'eau à l'hôpital. Comment ils ne pouvaient pas renvoyer l'eau vers l'hôpital ? ", interroge Yannick Xavier.
Un autre syndicaliste de l'UTG continue : " Sur ce schéma, il y a plusieurs vannes. Il faut juste fermer une, faire du délestage et ramener l'eau à l'hôpital, ils ne l'ont pas fait !".
"Il n'y avait pas de solution toute simple"
Au siège de la SGDE, ce schéma simplifié est jugé irréaliste. L'équipe technique, en pleine supervision des opérations d'approvisionnement du CHU en eau potable, estime que détourner les réservoirs du Fort Cépérou, Rorota ou St Martin "nécessiterait beaucoup d'équipes, demanderait beaucoup de manoeuvres et prendrait beaucoup de temps". Le résultat escompté ne serait pas non plus garanti.
Le directeur général délégué de la SGDE, Philippe Foliasson, ne valide pas les affirmations des grévistes : " dès lors que l'ensemble des réservoirs s'étaient vidés, que ce soit ceux de Matoury, que ce soit même le petit Matoury, que ce soit celui de Baduel, il n'y avait pas de solution toute simple où on aurait pu, dès samedi, rétablir le service. Donc, techniquement, ça n'a pas de sens. Certains ont pu prétendre qu'il suffisait d'actionner une ou deux vannes pour rétablir le service au CHU. On ne valide pas !"
Il ne valide pas non plus les observations de l'UTG sur l'état de vétusté du réseau : " Un réseau de cette taille, a toujours besoin d'investissements. De là à dire que l'ensemble du réseau est vétuste, qu'il y a des problèmes partout. Non, parce qu'aujourd'hui, c'est bien le système qu'on exploite qui permet d'alimenter en continu toute la population de l'agglomération. Donc, non, on ne peut pas souscrire à cette espèce de dramatisation de l'infrastructure qui serait en très mauvais état."
La direction comme le syndicat affirment toujours espérer une résolution du conflit mais tous deux campent sur leur position.
A l'heure où la situation est revenue à la normale à Cayenne et Matoury, la SGDE n'estime pas viable économiquement, une sécurisation des 1400 vannes du réseau. Toute autre tentative de sabotage est donc possible.

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