Une épidémie de bronchiolite qui ne faiblit pas en Guyane
La campagne d'immunisation des nourrissons et de vaccination des femmes enceintes se poursuit sur le territoire
Dans sa lettre professionnelle du 30 juin, l'Agence régionale de santé (ARS) fait état d'une épidémie de bronchiolite qui se poursuit en Guyane depuis la fin avril. Le territoire reste confronté à une circulation soutenue du virus, avec une pression toujours notable sur les structures de soins, malgré une organisation renforcée.
Depuis fin avril, 80 cas graves ont été recensés au sein du CHU de Guyane chez des enfants de moins de deux ans, dont 47 sur les deux derniers mois. Les services d'urgence ont enregistré 43 passages pour bronchiolite au cours des deux premières semaines de juin, un niveau jugé " assez élevé " par rapport aux années précédentes. Les nourrissons de moins de six mois, en particulier les prématurés, sont les plus touchés. Le virus respiratoire syncytial (VRS) reste majoritaire, même si d'autres agents viraux sont également identifiés.
Une offre de soins adaptée
Face à cette situation, les établissements de santé ont adapté leur organisation. À Cayenne, une unité dédiée à la bronchiolite a ouvert mi-juin afin de prendre en charge les formes sévères nécessitant une oxygénation à haut débit. La clinique La Canopée accueille des cas moins graves pour soulager l'hôpital, tandis que les sites de Kourou et Saint-Laurent participent aussi à la prise en charge.
Réunis lundi 29 juin par l'ARS, les professionnels de santé ont fait le point sur la situation épidémiologique et les réponses mises en place. Malgré une situation qualifiée de " tendue ", celle-ci reste maîtrisée grâce à la coordination entre les acteurs hospitaliers et de ville.
La vaccination des femmes enceintes
En parallèle, la prévention se poursuit. À la maternité de Cayenne, l'immunisation des nouveau-nés avec l'anticorps Beyfortus a repris la semaine dernière. L'infirmière en charge de la vaccination peut réaliser plus de cinquante injections par jour.
Sur la dernière campagne, entre août et février, 1 618 doses ont été injectées, soit la quasi-totalité des nouveau-nés.
L'adhésion des parents est forte, avec très peu de refus. Les équipes s'apprêtent à proposer la vaccination des femmes enceintes entre 32 et 36 semaines d'aménorrhée, afin de renforcer la protection des nourrissons.

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