Triple meurtre à Cayenne : le Samu a tardé à réagir
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
JUSTICE

Triple meurtre à Cayenne : le Samu a tardé à réagir

La rédaction

Lors de la tragédie qui a touché la famille Ho-Wen-Tsaï, dans la nuit de vendredi à samedi 20 janvier, un appel au Samu a été effectué par une des victimes. Celui-ci n'aurait pas agi de suite. L’Agence régionale de santé (ARS) de Guyane diligente, par ailleurs, une enquête sur les conditions d’intervention du Samu 973 au cours de la nuit.

La polémique enfle. Elle concerne la prise en charge par le Samu de la famille Ho-Wen-Tsaï victime d'un forcené, dans la nuit de vendredi à samedi 20 janvier, dans le centre-ville de Cayenne.

Andrée, 62 ans, ancienne infirmière anesthésiste du Centre hospitalier de Cayenne (CHC) compose le 15. Son frère et sa nièce viennent d'être poignardés par au moins un individu. Ce dernier tente de les égorger. Elle-même est blessée à la carotide. Le Samu ne prend pas au sérieux cet appel. "L'élocution était bizarre", rapporte un témoin indirect.

Andrée appelle donc une ancienne collègue qui va rester jusqu'au bout en communication avec elle. Celle-ci va appeler le Samu, estimant le temps de réaction trop long. C'est cet appel qui va déclencher les secours et l'arrivée de la police. Cette dernière a été prévenue aux alentours de 3 h 45. D'après une source directe, une image de vidéosurveillance montre le suspect particulièrement agité devant son domicile à 3 h 06. Il y a donc au moins 45 minutes qui se passent entre l'attaque et l'arrivée des secours alors que le CHC se situe à moins de dix minutes.

 

L'ARS prend acte et diligente une enquête

Un temps de réaction qui interpelle. L'Agence régionale de santé (ARS) de Guyane a ainsi décidé de diligenter une enquête sur les conditions d'intervention du SAMU 973. "Le directeur général du Centre hospitalier de Cayenne (CHC) et le chef de service du SAMU 973 ont porté à la connaissance du directeur général de l'ARS Guyane, M. Dimitri GRYGOWSKI, un dysfonctionnement lors de la régulation de l'appel de l'une des victimes au SAMU dans la nuit du19 au 20 janvier 2024", écrit l'Agence régionale de santé, mercredi matin.

Le CHC est enjoint "à signaler officiellement et immédiatement cet évènement, compte tenu de la perte de chance potentielle, occasionnée par un retard de prise en charge, et à engager une enquête administrative interne."

 

 

Le procureur également saisi

L'enquête visera en particulier à analyser : "L’organisation de la régulation de l’appel afin de savoir si les procédures internes ont été respectées et les délais dans le signalement de cet évènement." Tout évènement en lien avec le soin aboutissant à un décès non explicité ou une perte de chance doit faire l’objet d’une déclaration de l’établissement de santé sans délai auprès de l’ARS.

Par ailleurs, le directeur général a saisi le procureur dans le cadre de l'article 40. Celui-ci indique que "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République."

En réponse à l'enquête lancée par l'ARS, le CHC assure qu'une "enquête administrative interne est en cours ainsi qu’une enquête diligentée par le Procureur général."

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger