Sédentarité : l'Anses sonne l'alarme et impose une pause active toutes les 30 minutes
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Sédentarité : l'Anses sonne l'alarme et impose une pause active toutes les 30 minutes

Christophe VERGER avec AFP
Pour lutter contre la sédentarité, l'Anses recommande de se lever et de bouger toutes les demi-heures.
Pour lutter contre la sédentarité, l'Anses recommande de se lever et de bouger toutes les demi-heures. • SHUTTERSTOCK

L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) publie ce 8 octobre 2025 des recommandations qui pourraient révolutionner nos modes de vie : face aux dangers avérés de la position assise prolongée, l'agence sanitaire préconise désormais une rupture de sédentarité toutes les 30 minutes.

Les chiffres révélés par l'Anses dressent un portrait alarmant de la société française : la population adulte passe en moyenne sept heures par jour en position assise, un chiffre qui masque des réalités encore plus préoccupantes. En effet, plus de 37 % des Français dépassent le seuil des huit heures d'immobilité quotidienne, que ce soit devant les écrans professionnels, durant les temps de transport ou pendant les loisirs sédentaires. Cette enquête exhaustive, menée à la demande du ministère de la Santé, s'appuie sur l'analyse rigoureuse de plus de 75 études scientifiques internationales, établissant des corrélations incontestables entre le temps passé assis et l'augmentation significative des risques pour la santé.

La nouvelle position de l'Anses marque un tournant radical dans l'approche de la lutte contre la sédentarité. Alors que l'agence recommandait en 2016 de simplement "marcher un peu toutes les 2 heures", les données scientifiques accumulées depuis ont conduit à un durcissement considérable des préconisations. "Les études les plus récentes démontrent clairement que rester assis plus de 30 minutes sans interruption entraîne déjà des effets délétères sur l'organisme", explique Irène Margaritis, adjointe au directeur de l'alimentation, de la santé animale et végétale de l'Anses. Ce repositionnement s'inscrit dans une prise de conscience globale de la communauté scientifique internationale concernant les dangers de l'immobilité prolongée.

Les mécanismes biologiques du danger sédentaire

L'expertise détaillée de l'Anses met en lumière les processus physiologiques par lesquels la position assise prolongée nuit à l'organisme. Après seulement 30 minutes d'immobilité, on observe une diminution significative de l'activité enzymatique responsable du métabolisme des lipides, une augmentation de la résistance à l'insuline et une altération de la fonction vasculaire. "Marcher 5 minutes toutes les 30 minutes, avec une intensité faible à modérée, permet de rétablir ces paramètres métaboliques essentiels, notamment la glycémie et l'insulinémie", précise le rapport. Ces brèves interruptions actives agissent comme des reset métaboliques indispensables au maintien de l'homéostasie corporelle. 

Les conséquences pathologiques de la sédentarité excessive s'avèrent beaucoup plus étendues qu'estimées initialement. Au-delà des risques bien documentés de diabète de type 2 et d'obésité, l'Anses alerte sur l'augmentation significative de l'incidence des maladies cardiovasculaires, des pathologies respiratoires chroniques, des troubles ostéoarticulaires invalidants et de certains cancers, notamment colorectaux et mammaires. 

La complémentarité indispensable avec l'activité physique 

L'Anses tient à clarifier un point essentiel : les ruptures de sédentarité, bien que cruciales, ne sauraient se substituer à une activité physique régulière. L'agence réaffirme la nécessité de respecter les recommandations de l'OMS, soit au moins 150 minutes d'activité physique modérée ou 75 minutes d'activité intense par semaine. "Il s'agit de deux leviers complémentaires dans la préservation de la santé, et non d'alternatives", souligne le rapport, qui insiste sur la synergie entre lutte contre la sédentarité et promotion de l'activité physique.

La mise en œuvre de ces recommandations soulève d'importants défis pratiques et culturels. L'Anses reconnaît la nécessité d'une période d'adaptation et d'outils pédagogiques appropriés pour faciliter l'appropriation de ces nouvelles habitudes. 

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