Des actions pour lutter contre le retour du paludisme
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Des actions pour lutter contre le retour du paludisme

Rédaction web

Face à la reprise des cas de paludisme depuis octobre, un nouveau fournisseur a été identifié pour livrer de la chloroquine en Guyane. Des équipes mobiles sont en cours de recrutement pour intervenir au plus près des habitants. Des tests de diagnostic rapide seront utilisés en autotest.

Depuis le début de l’année, 200 cas de paludisme ont été diagnostiqués en Guyane. C’est quatre fois plus que pour toute l’année 2022, rappelle la lettre pro de l'ARS ce 15 mars. "En l'absence de réaction adaptée, le paludisme peut se réinstaller en Guyane", a prévenu le Pr Loïc Epelboin, infectiologue au Centre Hospitalier de Cayenne (CHC). La Guyane s’est dotée d’un plan d’élimination du paludisme, conformément aux engagements de la France vis-à-vis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La situation nouvelle provoquée par la recrudescence des cas a contraint les acteurs de la lutte contre paludisme, ARS en tête, à accélérer le déploiement du plan d'actions.

De la chloroquine livrée la semaine prochaine

En septembre 2022, le laboratoire Sanofi a officialisé l’arrêt de sa production de chloroquine, en raison de ses difficultés à se fournir en principe actif. Les derniers traitements disponibles en Guyane ont périmé en décembre de la même année. L’antipaludique a été remplacé par le Riamet moins bien toléré par certains patients et plus compliqué à prendre. Sollicitée par l’ARS, l’OMS a fourni la liste des fabricants de chloroquine basés dans l’Union européenne et au Panama. Celle-ci a été transmise à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui en parallèle en avait identifié d'autres sur demande de l'ARS via le ministère de la Santé.

L'ANSM a tranché en faveur d'une firme installée aux Pays-Bas. La première livraison est arrivée mardi à la pharmacie à usage intérieur (PUI) du CHC, confirme le Dr Sya Passard. "C'est le fruit d'un long processus qui se concrétise", se réjouit le Dr Francky Mubenga, chef du pôle veille et sécurité sanitaire à l'ARS, qui salue le travail d'équipe et la mobilisation des acteurs locaux et nationaux.

La semaine prochaine, l’ARS, l’ANSM, la Direction générale de la santé (DGS), la PUI de l’hôpital de Cayenne et l’unité des maladies infectieuses et tropicales (Umit) échangeront sur les modalités d’une simplification des conditions de délivrance de la chloroquine, celle-ci n’étant disponible qu’en accès compassionnel pour l’instant.

Des équipes mobiles sur tout le territoire

Si, ces dernières années, les orpailleurs clandestins étaient les plus touchés par le paludisme, depuis le mois d'octobre, des cas sont diagnostiqués sur des pistes et dans des zones rurales autour de l’Île-de-Cayenne (piste de Montsinéry-Tonnégrande, villages de Cacao et Favard à Roura, Matoury hors bourg), constate Santé publique France. Quoique sur le littoral, ces secteurs sont souvent éloignés du système de santé.

L’ARS va donc financer le recrutement de quatre équipes mobiles palu par la Croix-Rouge (littoral) et l’hôpital de Cayenne (secteurs couverts par les CDPS), ainsi que de médiateurs par l’association Daac (Développement, Animation, Accompagnement, Coopération). Les équipes mobiles – des binômes infirmier-médiateur – proposeront notamment des tests de dépistage rapide du paludisme et des tests rapides G6PD lors des actions de terrain. Ils feront également de l’information et de la sensibilisation de la population. Pour leur part, les médiateurs de Daac organiseront avec les personnes positives leur prise de rendez-vous et leur transport jusqu’à l’hôpital ou jusqu’au CDPS, et vérifieront la bonne prise des traitements.

Des tests de diagnostic rapide en autotest

L’an dernier, des kits d’autodiagnostic et d’autotraitement ont été distribués sur les bases arrière de l’orpaillage clandestin, dans le cadre du projet de recherche Curema. Cette utilisation des tests de diagnostic rapide en autotest n’était possible que dans ce cadre de recherche. Sur la liste des allègements réglementaires mis en avant par l'ARS pour optimiser la lutte contre le paludisme en Guyane figure une dérogation pour les kits Malakit. L’ANSM va accorder une dérogation de trois mois à la Guyane pour poursuivre la distribution aux garimpeiros de ces TDR comme autotest en dehors de tout projet de recherche, en attendant une solution pérenne. "L'ARS est fortement mobilisée sur le sujet et continue le plaidoyer pour la levée des freins réglementaires identifiés afin de faciliter les actions et le travail des experts du territoire pleinement investis et déployés sur tous les fronts pour lutter contre le paludisme", précise le Dr Francky Mubenga.

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