Mi-2023, trois hôpitaux de proximité doivent voir le jour
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Santé

Mi-2023, trois hôpitaux de proximité doivent voir le jour

La rédaction avec la lettre pro de l'ARS

Les CDPS de Maripasoula, Grand-Santi et Saint-Georges de l'Oyapock vont pouvoir bientôt fonctionner comme de vrais hôpitaux, avec le personnel et le plateau technique nécessaires pour une médecine h24. Le Centre hospitalier de Cayenne se donne huit mois pour les ouvrir.

« Les hôpitaux de proximité et les CDPS s’affirmeront dès lors encore plus comme le « quatrième pilier » du futur CHRU de Guyane », s'enthousiasme la lettre pro de l'Agence régional de santé (ARS), vendredi.

Mardi, les membres de la commission spécialisée de l’offre de soins (Csos), instance réglementaire réunissant les acteurs de la santé, a approuvé à l’unanimité la demande d’autorisation de médecine formulée pour les trois centres délocalisés de prévention et de soins (CDPS) de Maripasoula, Grand-Santi et Saint-Georges. La directrice générale de l’ARS va donc pouvoir officiellement autoriser ces trois nouvelles implantations d’activité de médecine hospitalière, puis leur accorder le label « hôpital de proximité ». Il s’agit d’un projet majeur pour l’offre de soins en Guyane et une des premières concrétisations du projet de CHU de Guyane.

Mardi puis mercredi devant les membres du comité de pilotage du CHRU, Amandine Papin, directrice générale adjointe du centre hospitalier de Cayenne et directrice déléguée aux CDPS, a expliqué le projet en détail et indiqué que le CHC se donne dès lors huit mois pour réaliser cette transformation. L’objectif est de « les ouvrir mi-2023 et, en tout cas, courant 2023 ». « On ne peut que se réjouir de voir que ça a très bien avancé, a souligné Gabriel Serville, le président de la Collectivité territoriale (CTG) mercredi lors de la réunion du comité de pilotage du CHU. J’espère que tout cela va continuer sur cette belle voie. »

 

« Ces hôpitaux de proximité bénéficieront d’un accueil patient rénové et mis aux normes hospitalières, d’un plateau médico-technique (imagerie, biologie, antenne de pharmacie à usage intérieur), d’un accueil des urgences adultes, enfants et gynécologiques 24/24, d’une unité d’hospitalisation de médecine de 8 lits à Maripasoula, et 6 à Grand-Santi et Saint-Georges, de consultations spécialisées sur place et en télémédecine, et d’un doublement des moyens de prévention », détaille l'ARS.

 

A chaque fois, ce sont une trentaine de professionnels supplémentaires – soit un doublement des effectifs – qui y travailleront. « Nous réalisons un recensement des besoins de logements, ainsi qu’une étude pour déterminer quelle est la meilleure politique immobilière : continuer de louer ou acheter ? », a indiqué Amandine Papin aux élus. Si Maripasoula semble en mesure de les accueillir, la situation est plus tendue à Grand-Santi et à Saint-Georges.

 

Les membres du comité technique des hôpitaux de proximité et du comité de pilotage du CHU ont posé de nombreuses questions sur les bâtiments. Dans une première phase, les activités aiguës seront localisées dans les bâtiments existants, « avec un environnement technique, médical, soignant et hôtelier upgradé aux normes hospitalières ». Les activités périphériques (bureaux, support et imagerie) seront installées dans des extensions modulaires. A ceux qui souhaitent que les hôpitaux de proximité se traduisent en nouveaux bâtiments ou à ceux qui craignent que les locaux actuels ne deviennent obsolètes à court terme, Amandine Papin a assuré que le CHC « planche d’ores et déjà sur la reconstruction ou l’extension des hôpitaux de proximité et sur une augmentation du capacitaire » pour 2026. A Saint-Georges, par exemple, un terrain sera prochainement à l'étude pour une reconstruction.

 

Pas de maternité

 

En revanche, la maternité ne sera pas de retour dans aucune des trois communes. La norme française préconise une maternité pour 300 accouchements par an. Il y aurait eu, d'aprés l'ARS, en 2021, 162 accouchements à Saint-Georges, 186 à Grand-Santi et 188 à Maripasoula. Pour cette dernière, on pourrait ajouter les grossesses de Papaïchton, à quelques kilomètres de Maripasoula, et arriver assez facilement à la barre des 300.

 

Lors de la grève qui se déroule toujours à Maripasoula, qui lutte contre son enclavement (aérien, économique, téléphonique, énergétique...) la référence à l'ancienne maternité a été plusieurs fois exprimée. Un énième manque pour la plus grande commune de France.

 

Les 60 emplois des CDPS

Ces 60 ETP se répartiraient ainsi : 4 médecins présents sur chaque site dont un urgentiste ; 1/3 temps de pharmacien ; 2,7 ETP de missions délocalisées ; 3 sages-femmes présentes en continu sur chaque site avec une astreinte 24/24 (4,5 ETP) ; 1 ou 2 deux internes ; 1 préparateur en pharmacie ; 14 infirmiers ; 7 aides-soignants ; ½ temps assistant dentaire ; 3,8 agents de services hospitaliers ; 1 cadre de santé ; 1 IDE et 1 médiateur de l’équipe mobile de santé publique en commune (Emspec) en plus de l’équipe déjà sur place ; 2/3 temps IDE en addictologie ; 2,6 ETP de missions de spécialité et télémédecine ; 3 ETP pour le secrétariat et les admissions ; 2 médiateurs ; 2 logisticiens 6 ETP dans les fonctions support à Cayenne.