Les taxis-ambulances ont-ils la « flemme » ?
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SANTÉ

Les taxis-ambulances ont-ils la « flemme » ?

Gaëtan TRINGHAM, g.tringham@agmedias.fr
Les taxis et véhicules sanitaires légers sont rémunérés à la course selon un barème appliqué par la CGSS - © ARS
Les taxis et véhicules sanitaires légers sont rémunérés à la course selon un barème appliqué par la CGSS - © ARS

Des véhicules de transport sanitaire privés refuseraient-ils de prendre en charge des clients sous prétexte que la course ne serait pas rentable ? Si l’ARS signale que tout dysfonctionnement de ce type peut conduire à un « dé-conventionnement », certains témoignages que nous avons pu collecter indiquent que cela a pourtant bien pu arriver. Surtout à des patients situés dans des zones à l’écart des centres urbains…

 À cause de sa pathologie, Mary Thecua a besoin de se rendre à l’hôpital de jour trois fois par semaine. Elle loge sur un écart de la commune de Roura à près de 45 minutes de sa destination, l’hôpital Saint-Paul. Pendant cinq mois, un taxi conventionné par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) venait la récupérer chez elle et effectuait le trajet aller et retour. Mais en début juillet 2021, le véhicule agrée pour transport sanitaire lui aurait signalé qu’il « perd son temps sur la piste » pour venir la chercher, et qu’il viendra à présent récupérer la femme de 59 ans à l’entrée du chemin. Si Mary se débrouille comme elle peut, les choses se compliquent réellement à partir du 30 aout. « Madame vous n’êtes plus rentable. Je ne peux plus venir vous chercher du tout. Vous allez devoir vous débrouiller autrement », lui aurait ainsi annoncé le taxi conventionné Tropnas.

Mary a ensuite contacté de nombreuses autres ambulances privées et taxis conventionnés. Tous lui ont refusé la prise en charge. Deux arguments étaient mis en avant : soit la « non-rentabilité de la course », soit sous prétexte que sa mutuelle, la MGEN, engendre aux conducteurs