ARS : L'eau potable en Guyane est excellente
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Santé

ARS : L'eau potable en Guyane est excellente

Source : La lettre pro de l'ARS du 20 janvier
Source eau potable à Mana
En 2013, les Mananais devaient s'alimenter en eau potable dans une bâche posée par la Guyanaise des eaux, après que le réseau d'eau eut été touché par une pollution. (photo d'archives) • ARCHIVES

L’ARS publie le bilan de la qualité de l’eau potable pour les années 2019, 2020 et 2021. Il s’appuie sur les 600 prélèvements en moyenne effectués tous les ans. En Guyane, l’eau du robinet présente une bonne, voire une très bonne qualité bactériologique pour 99 % des habitants connectés au réseau.

Environ 600 prélèvements par an

C’est un beau document de 20 pages qui fait le point sur l’eau que l’on boit au robinet. L’Agence régionale de santé (ARS) vient de publier le bilan de qualité de l’eau potable en Guyane pour les années 2019, 2020 et 2021.

Bactéries, aluminium, pesticides, métaux lourds : tout est passé au crible des techniciens de la cellule « eau et santé » de l’ARS.

Chaque année, ils effectuent environ 600 prélèvements sur 129 captages (109 captages souterrains et 20 captages de surface), avec 55 stations de potabilisation, 98 unités de distribution dont 36 pompes à motricité humaine.

Le bilan confirme que la qualité de l’eau potable est en moyenne très bonne sur le territoire. Dans le détail, l’eau consommée par la population est exempte de pesticides, métaux lourds et nitrates, mais subit une lente dégradation concernant les concentrations en aluminium et en bactéries, depuis quatre ans.

Bactéries : des difficultés avec les pompes à motricité humaine

Les eaux d’alimentation ne doivent contenir aucun micro-organisme pathogène et être exemptes de toute bactérie témoin d’une contamination fécale (Escherichia coli, entérocoques).

Entre 2019 et 2021, 93 % de la population a une eau de très bonne qualité et une contamination chronique faible.

Une dégradation est constatée sur les pompes à motricité humaine (PMH), un dispositif autorisé en Guyane par l’Etat pour les sites ne pouvant être alimentés par le réseau. Elles ne bénéficient pas d’un dispositif permanent de chloration, mais d’intervention par des agents deux fois par an. Elles sont donc plus exposées à une contamination.

C’est également le cas à Ouanary et Kaw, qui gèrent leur propre réseau, ainsi qu’à Saül qui a fait face à des difficultés de stockage et de dosage du chlore pendant la crise sanitaire.

En 2017 et 2018, plus de 60 % de ces 36 pompes présentaient une eau de très bonne qualité bactériologique.

Entre 2019 et 2021, ce pourcentage a été divisé par deux (31 %) ; 27 % subissent des contaminations ponctuelles ; 28 % des contaminations épisodiques et 14 % des contaminations chroniques. L’ARS a envoyé régulièrement des courriers aux mairies gérant ce type de dispositif. Les échanges vont se poursuivre « pour mieux communiquer autour de la maintenance biannuelle », précise Adrien Ortelli, chef de service santé-environnement à l’ARS. Après quinze ans d’utilisation des PMH en Guyane, un diagnostic et un bilan de cette solution est également envisagé.

Aluminium : les dépassements chroniques multipliés par cinq entre 2019 et 2021

 

Si l’aluminium soluble trouvé dans l’eau peut avoir une origine naturelle, il provient généralement des sels d’aluminium utilisés pour le traitement des eaux superficielles. Ils nécessitent des conditions de PH très précises qui, si elles ne sont pas respectées, donnent naissance à des fuites d’aluminium.

Entre 2019 et 2021, 48 % de la population desservie était alimentée par une eau présentant des concentrations supérieures à la limite réglementaire et 48 autres pourcents subissaient des dépassements ponctuels.

Ces concentrations, qui touchent surtout les grandes villes, n’engendrent pas de risque sanitaire pour la population mais la qualité de l’eau s’en trouve diminuée. « Il y a à la fois des problèmes d’équipement et de gestion, constate Adrien Ortelli. Nous allons nous concerter dès le début de l’année avec les gestionnaires et collectivités compétentes pour poser les jalons permettant une baisse rapide de la concentration d’aluminium dans l’eau potable. En effet, si les quantités relevées ne permettent pas à elles-seules de dépasser les seuils journaliers préconisés par l’OMS, elles constituent une source supplémentaire d’aluminium pour une population qui est parfois exposée à ce métal par le biais de son alimentation ».

 

Pesticides, nitrates et métaux lourds : l’eau potable épargnée

La présence de mercure, de plomb, de nitrates ou de pesticides dans l’eau potable est régulièrement contrôlée. Les vérifications ont lieu à l’entrée des stations, avant le traitement.

« Il n’y a pas de problématique liée à ces éléments dans l’eau potable », souligne Adrien Ortelli.

S’agissant du mercure, utilisé dans l’orpaillage illégal, cela peut s’expliquer : les sites sont souvent distants des points de captage et le mercure, lourd, a tendance à se déposer au fond plutôt que flotter jusqu’à la station.

S’agissant des pesticides, plus de 250 paramètres sont recherchés pour l’ensemble des captages et stations de traitement desservant plus de 500 habitants.

En Guyane, nous ne trouvons quasiment pas de pesticides dans l’eau.