A Kourou, la dengue s’étend à toute la ville, Saint-Laurent également touché
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SANTE

A Kourou, la dengue s’étend à toute la ville, Saint-Laurent également touché

La rédaction

Les foyers épidémiques, concentrés jusque-là au secteur Est de la ville spatiale, se sont intensifiés et étendus dans les autres quartiers. Un premier foyer épidémique a également été identifié à Saint-Laurent. Au total, 113 cas ont été confirmés biologiquement depuis le début de l’année, dont la moitié au cours des deux dernières semaines

À Kourou, la circulation de la dengue s’est intensifiée et étendue, depuis le début du mois de juin. Santé publique France fait état de onze foyer épidémiques actifs dans la ville spatiale où ont été confirmés, depuis le début de l’année, 80 des 113 cas de Guyane. « Après la détection d’un premier foyer épidémique fin mars, la circulation du virus s’est intensifiée au cours des deux dernières semaines », constate l’agence de santé publique qui diffusera, à partir d’aujourd’hui, un point épidémiologique consacré à dengue tous les quinze jours.

Dans la ville spatiale, ce sont d’abord le Village saramaca puis le Bourg qui ont été touchés les premiers, en mars et avril. Des cas ont ensuite été identifiés dans les quartiers limitrophes. Depuis le début du mois, l’ouest de la ville, en direction de l’Anse, est touché à son tour. Vingt-trois nouveaux cas ont été confirmés au cours de la semaine du 12 juin, puis 32 la semaine dernière. La tendance reste à la hausse cette semaine. Le dispositif « Labo sans ordo », qui permet de se faire tester dans les laboratoires privés de Kourou sans ordonnance de son médecin traitant, contribue pour environ un tiers des cas confirmés. Par ailleurs, les opérations de démoustication ont commencé.

Une accélération nette ces deux dernières semaines

Un premier foyer actif a également été identifié à Saint-Laurent du Maroni, la semaine dernière. Il s’agit du premier en dehors de la ville spatiale. Aucun autre ne l’a été depuis. Dans le reste de la Guyane, les cas sont sporadiques. La majorité ont pu être investigués et se sont tous révélés importés. Il n’y a donc pas d’autre commune où une circulation a pu être confirmée.

Au total, 113 cas ont été confirmés biologiquement depuis le début de l’année, dont la moitié au cours des deux dernières semaines. Parmi ces cas, 88 sont du sérotype DEN-3. L’accélération a été nette au cours des deux dernières semaines, avec 30 cas recensés la semaine du 12 juin et 35 la semaine dernière.

L’impact se fait ressentir sur les urgences du Centre Hospitalier de Kourou. Elles ont enregistré neuf passages pour cause de dengue au cours de chacune des deux dernières semaines. La situation reste calme dans les hôpitaux de Cayenne et Saint-Laurent du Maroni. Six patients ont été hospitalisés depuis le début de l’année : quatre au CHK, un au CHC et un au Chog. On ne compte aucun décès.

Tout cas cliniquement évocateur de dengue doit faire l’objet d’une recherche biologique :

Par RT-PCR de J1 à J5 suivant la date de début des signes ;
Par sérologie au-delà de J5 ;

L'ARS salue la mobilisation et la collaboration des laboratoires implantés en Guyane pour que les analyses dengue se fassent localement en Guyane afin de disposer rapidement des résultats. Il est vivement recommandé d’indiquer la date de début des symptômes sur l’ordonnance pour permettre aux biologistes de mieux adapter la technique.

 

Professionnels de santé : les bons réflexes

Avec 113 cas de dengue confirmés depuis le début de l’année, dont près des trois quarts à Kourou, la Guyane retrouve une situation qu’elle n’a pas connue ces dernières années. C’est le moment de reprendre quelques bons réflexes. Pour aider les professionnels de santé, la CPTS Centre littoral a initié un groupe de travail sur la dengue comprenant notamment le Centre régional en antibiothérapie et infectiologie de Guyane (Craig) et l’ARS. La CPTS Centre littoral travaille également sur un protocole de surveillance à domicile par un infirmier des patients positifs à la dengue et présentant des signes de gravité.

Les facteurs de risques

Âges extrêmes : moins d’un an et plus de 70 ans ;
Grossesse : en particulier au troisième trimestre et à l’approche du terme ;
Hémoglobinopathie (drépanocytose) ;
Evaluer au cas par cas : maladies chroniques, traitements associés, surveillance par un tiers impossible ;
Chirurgie récente, traumatismes récents, AVC récent ;
Immunodépression, chimiothérapie, hémophilie, thrombocytopathies…

Prise en charge ambulatoire

Paracétamol (éviter les AINS et l’aspirine) ;
Réhydratation ;
Repos ;
Surveillance par IDE conseillée pour les patients à risque ;
Mise sous moustiquaire la journée ;
Répulsif…

Diagnostic

Si la date de début des signes est de cinq jours ou moins : Trod ou RT-PCR. Si le Trod est négatif, le compléter par un test RT-PCR ;
Si la date de début des signes est supérieure à cinq jours : test sérologique.

Les signes d’alerte

Douleur abdominale, thoracique ;
Vomissements incoercibles ;
Refus total d’alimentation et d’hydratation ;
Malaise présyncopal ou syncope ;
Signes respiratoires ;
Température supérieure à 39°C à J5-J6 ;
- Saignements muqueux persistants…

Dengue sévère

Fuite plasmatique sévère ;
Hémorragie sévère ;
Défaillance d’organe…


La lutte antivectorielle s’intensifie

Avec le retour de la dengue, en particulier à Kourou, la lutte contre les moustiques redouble. Lorsqu’on reçoit un signalement de l’ARS, nous nous rendons chez la personne, explique Joseph Rwagitinywa, directeur de la démoustication et des actions sanitaires (DDAS) à la Collectivité territoriale (CTG). Nous lui demandons l’autorisation d’intervenir chez elle. Nous intervenons au domicile et autour, dans un rayon de 150 mètres. Chez elle, il s’agit d’un traitement par brumisation. Nous demandons donc aux personnes de protéger leurs denrées alimentaires et de sortir de chez elles. Elles seront autorisées à regagner leur domicile deux heures après. A l’extérieur, nous traitons les jardins. Chez les personnes qui ne veulent pas du traitement chimique, nous passons avec un aspirateur, en particulier dans les endroits sombres, sous les meubles et les lits, où les moustiques se cachent. Enfin, nous procédons à un dégîtage mécanique : coupelles, pots de fleur, partout où de l’eau stagnante permet au moustique de se reproduire. »

Ces interventions sont aussi l’occasion de rappeler les consignes au grand public :

Porter des vêtements longs, en particulier en journée puisque, contrairement à l’anophèle, vecteur du paludisme, qui est actif en fin de journée, l’Aedes aegypti pique en journée ; Appliquer du répulsif ;
Pour les cas confirmés et leurs proches, rester sous moustiquaire, en particulier la journée ;
Vider les coupelles, pots de fleurs et autres récipients contenant de l’eau stagnante.

« Ce dernier point que nous faisons, tout le monde peut le faire chez lui », insiste Joseph Rwagitinywa. Le directeur de la démoustication et des actions sanitaires invite également les personnes qui trouvent un avis de passage de son service dans leur boîte aux lettres à rappeler au numéro indiqué. « Si nous laissons un tel avis, cela signifie qu’il y a un problème dans leur secteur. Il faut nous appeler pour que l’on puisse prendre rendez-vous et intervenir. »

Lu dans la lettre pro de l'ARS du 23 juin 2023

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