Transport : Un vaudeville nommé Malani
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Transport : Un vaudeville nommé Malani

Eric GERNEZ
La Gabrielle & le Malani. La vieille tante Gabrielle fait du rab en attendant les débuts du Malani, prévus fin juin.
La Gabrielle & le Malani. La vieille tante Gabrielle fait du rab en attendant les débuts du Malani, prévus fin juin. • EG

Une nouvelle fois, l'information fuse qui explique que, finalement, non, la mise en fonctionnement du ferry ne sera pas opérée à la date annoncée.

Une visite présidentielle est toujours le moment de présenter un cahier de doléances, et de demandes de crédits, par les autorités locales. Le contre-exemple d'utilisation de fonds (européens) pour le Malani, ne sauraient tomber plus mal. Énième mauvaise nouvelle dans ce dossier.

Reculer pour mieux sombrer ?

Alors que le Malani est arrivé à Saint-Laurent il y a plus de deux ans, on s'étonnait déjà qu'il doive rester au mouillage faute d'une installation d'accostage efficiente côté Suriname. On s'interrogeait sur ce qui apparaissait comme une faille évidente dans la coordination des travaux. De réunions de crise en conseils du fleuve, on motivait les raisons des retards et une première promesse était faite pour octobre 2023, puis pour fin-Mars 2024.

Déjà le 17 janvier, notre confrère ‘'le Canard enchaîné'' écrivait : ‘'Malani, envasement garanti !'' et il rappelait ironiquement les propos de Sophie Charles, présidente de la CCOG (communauté de communes de l'Ouest guyanais), : ‘'Cette cale d'accostage permettra d'offrir un moteur de croissance entre les deux territoires''.

Les retards sont semble-t-il une nouvelle fois la cause du manque de rigueur des opérateurs surinamais qui effectuent les travaux.

Deux questions surgissent :

- Celui qui paie contrôle, pourquoi la bride est-elle si lâche sur le cou du Suriname ?

- Dans ce dossier, comme dans tant d'autres, lorsqu'il s'agit de coopération transfrontalière, pourquoi a-t-on l'impression de marcher à reculons ?

Début pour fin juin ?

Aux dernières nouvelles, il semblerait que la mise en fonctionnement soit maintenant, ‘'peut-être pour fin juin''...

Gageons qu'à l'instant où la cale d'Albina sera finalement opérationnelle, viendra l'annonce des soucis techniques liés au fonctionnement de l'amphidrome. De la bouche des marins du ferry, le moteur de cette magnifique embarcation nécessite six heures de fonctionnement pour atteindre sa température nominale de chauffe. Les mêmes nous avouent que les moteurs ne tournent qu'une heure par mois. Il n'est pas nécessaire d'être un ingénieur chevronné pour s'imaginer que le bateau, depuis deux ans exposé aux rudesses du climat guyanais, va nous jouer des tours quand sera venu le temps de le faire travailler. La ''faute à pas de chance'' a encore de beaux jours devant elle.

Au moment où le président Serville reparle des dirigeables qui vont désenclaver Maripasoula, on pourrait lui souffler à l'oreille de choisir un autre mode de gestion de projet que celui qui, depuis 2012, mobilise tellement de travail et de crédits dans l'objectif du franchissement du Maroni par un ex-nouveau ferry.

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