La Gabrielle : « La crainte, maintenant, c’est de chavirer »
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La Gabrielle : « La crainte, maintenant, c’est de chavirer »

Eric GERNEZ

Alors que le Malani enregistre quatre ans au mouillage, la Gabrielle, de son côté, affiche 51 ans d’activité. L’équipage alerte sur la continuité du service

Une nouvelle fois, la situation du bac transfrontalier est hors de contrôle. L’équipage de la Gabrielle témoigne de ses craintes face à la charge de travail imposée au vénérable bac.

Hier, mardi, au deuxième jour d’arrêt de service, on espérait pouvoir réparer pour une reprise ce mercredi dans la journée. Cette fois-ci, on ne mettra pas en cause le ponton surinamais. Il s’agit bien d’une panne liée à l’obsolescence du bac la Gabrielle. Un des treuils qui sert à actionner la passerelle de chargement était défectueux. La pièce de rechange est arrivée hier matin, et on espère réussir à la mettre en place. Il reste que, de chaque côté du fleuve, les voitures de tourisme font demi-tour et les entrepreneurs, dépendant du passage du fret, organisent des solutions alternatives grâce à l’aide des piroguiers.

 

51 ans de services

Témoin vivant de l’histoire de la Gabrielle, un des marins nous rappelait que la Gabrielle a commencé, il y a 51 ans, sa carrière à Mana. Elle s’est ensuite rendue à Roura et, au hasard de l’histoire, s’est retrouvée dans les années 80 en service « temporaire » à Saint-Laurent, qui, pour cause de conflit interne au Suriname, devait assurer un trafic très faible. La solution est devenue pérenne et sert maintenant de bouée de sauvetage au projet Malani.

 

D’autres pannes à attendre

Subissant la pression des usagers, le ras-le-bol est palpable parmi l’équipe de marins, qui sont plus souvent mécanos qu’à leur tour. Impliqués dans l’esprit de dévouement à leur tâche, ils voudraient bien que le service fonctionne mieux. « On met des emplâtres sur une jambe de bois », nous confie-t-on. Ils ajoutent qu’aujourd’hui, c’est le treuil qui est remplacé, mais la prochaine panne est connue : un des moteurs va lâcher, il faut le changer.

 

la crainte de chavirer

La surcharge permanente est pointée du doigt. Le service est en sous-capacité chronique ; il est donc confronté à une demande de surcharge du ferry. « Il est vieux, il lâche de partout. » On nous montre sa marque de flottaison, sur le plat-bord, signalant qu’elle est souvent sous l’eau. Cela indique la surcharge. La conception même de la Gabrielle est vétuste. Les deux générateurs sont placés en hauteur et du même côté du bateau, cela provoque de la gîte. « La crainte, maintenant, c’est de chavirer », nous confie-t-on, évoquant la surcharge et l’état de vétusté du navire. Entre vieillissement et surcharge, on nous alerte que la moindre panne, se conjuguant avec des conditions de navigation désavantageuses, pourrait avoir raison de la flottabilité d’un bac trop chargé.

 

À côté de la Gabrielle, le triste spectacle d’un Malani, en proie aux algues et aux outrages du temps, fait peine à voir. Devra-t-on le rebaptiser du nom de « Gâchis » si, à l’automne, l’échéance fixée pour sa mise en œuvre se révèle un échec de plus, à inscrire sur la liste des engagements perdus ? Les marins de la Gabrielle sont muets à cette évocation.

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