Malani : le torchon brûle-t-il entre la CTG et la CCOG ?
Demain et vendredi, deux réunions de crise sont organisées à Saint-Laurent au sujet du bac Malani. Après les graves incidents du 29 décembre, la chronique d’un gâchis institutionnel prend un parfum de scandale.
Le Malani est le fameux vaisseau amiral du Maroni. Initié en 2012, le projet promettait de propulser le développement économique de l’Ouest guyanais et de sublimer la coopération transfrontalière. Quatorze ans plus tard, et pour la modique somme de 10 millions d’euros, le projet est enlisé sur les berges du Maroni. Après la tristesse et la honte, c’est désormais la colère qui surgit, après que des personnes ont été attaquées le matin du 29 décembre, alors qu’elles se trouvaient dans la longue file d’attente pour embarquer sur la vieillissante Gabrielle.
La colère a éclaté lorsque les personnes en attente ont réalisé que, si le bac Malani avait été en service, sa capacité aurait peut-être évité les files d’attente où ont eu lieu les actes criminels.
Dans un communiqué du 31 décembre, la CCOG s’exprimait sur le sujet du franchissement du Maroni : « Tôt le matin du 29 décembre, alors que les files de voitures s’allongeaient à Saint-Laurent pour prendre la Gabrielle et franchir le Maroni, des occupants de voitures ont été victimes d’attaques criminelles, de graves blessures ayant été infligées aux personnes. » Sophie Charles exprime sa solidarité aux victimes dans ce communiqué.
La présidente de la Communauté des communes de l’Ouest s’exprimait également sur les rumeurs circulant autour de la mise en service du Malani : « Contrairement à de fausses affirmations, les cales d’accostage à Saint-Laurent et à Albina sont conformes et opérationnelles. Les ajustements à réaliser pour la mise en fonctionnement du Malani relèvent de la compétence de la CTG. » Elle ajoutait que les usagers, comme la CCOG, sont dans l’attente que le nouveau bac devienne opérationnel.
À la demande du président Serville, et suite aux événements du 29 décembre, une réunion de crise a été demandée. Des rencontres sont prévues jeudi après-midi, au cours desquelles les élus de la CTG rencontreront les équipages, puis vendredi matin, une grande réunion réunira la CTG, la CCOG, la préfecture, la mairie et la régie du bac. Il n’est pas connu, à cet instant, si des représentants des partenaires surinamais ou de l’ambassade de France au Suriname seront invités.
Nos sources à Saint-Laurent laissent entendre que l’ensemble des problèmes liés au Malani et à la chronologie du projet seront énoncés. Seront-ils entendus et serviront-ils de base à une résolution effective d’un dossier qui est en passe de devenir un scandale de premier plan en Guyane ? Rappelons que l’Europe, qui a financé le projet, nous observe depuis Bruxelles et ne voit toujours pas le Malani assurer le service de franchissement du fleuve. Nos partenaires surinamais doivent eux aussi s’interroger sur nos capacités. Nous reviendrons sur ce sujet à l’issue de ces journées.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters