Trump revendique une « troisième frappe » en mer contre le Venezuela
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Trump revendique une " troisième frappe " en mer contre le Venezuela

Christophe VERGER
La douteuse légalité des attaques de Trump contre de supposés trafiquants vénézuéliens.
La douteuse légalité des attaques de Trump contre de supposés trafiquants vénézuéliens. • SHUTTERSTOCK - COPYRIGHT (C) 2024

Le président américain Donald Trump a affirmé mardi avoir " éliminé " une troisième embarcation vénézuélienne présumée liée au trafic de drogue, une annonce surprise qui intensifie une campagne militaire controversée.

Lors d'un échange avec la presse, Donald Trump a corrigé le bilan des opérations militaires américaines récentes, passant de deux à trois navires détruits. Ces frappes, présentées comme une réponse au trafic de stupéfiants, ont fait au moins quatorze morts et provoqué la colère de Caracas, qui dénonce une " agression " et promet de se défendre. Des experts internationaux remettent en cause la légalité de ces actions, soulignant l'absence de preuves d'une menace justifiant un recours létal à la force.

" En réalité, nous avons éliminé trois bateaux, pas deux, mais vous en avez vu deux ", a déclaré Donald Trump aux journalistes, faisant référence à deux frappes déjà rendues publiques. Le gouvernement américain n'a dans l'immédiat fourni aucun détail sur le lieu, la date ou les circonstances de cette troisième intervention, créant un flou autour d'opérations militaires menées dans les Caraïbes. Cette annonce suit deux destructions de navires déjà revendiquées par le président. La première, survenue le 2 septembre, aurait fait onze morts. La seconde, annoncée lundi sur le réseau social Truth Social de M. Trump, aurait coûté la vie à trois " narcoterroristes " vénézuéliens, une vidéo montrant l'embarcation se transformer en " boule de feu " ayant été diffusée pour l'attester.

" Arrêtez d'envoyer de la drogue " : le message de Trump à Maduro

Interrogé sur le message qu'il souhaitait adresser au dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, le président américain a été direct : " Arrêtez d'envoyer de la drogue aux États-Unis ". Washington accuse depuis longtemps M. Maduro d'être à la tête d'un vaste réseau de trafic de drogue, le " Cartel des Soleils ", une entité dont l'existence même est sujette à débat.

De son côté, le leader vénézuélien a qualifié ces accusations de " mensonges ", affirmant que la majorité de la cocaïne entrant aux États-Unis transitait par le Pacifique et les ports équatoriens. Réagissant aux frappes, il a tonné : " Il y a une agression en cours à caractère militaire et le Venezuela est habilité par les lois internationales à y répondre. " Il a prévenu que son pays exercerait son " droit légitime à se défendre ".

Les experts de l'ONU dénoncent des " exécutions extrajudiciaires " illégales

La méthode employée par les États-Unis est vivement contestée sur le plan juridique. Trois experts indépendants mandatés par les Nations Unies ont fermement condamné ces opérations, les qualifiant sans ambages d'" exécutions extrajudiciaires ". Dans un communiqué, ils ont rappelé que " le droit international ne permet pas aux gouvernements d'assassiner purement et simplement des narcotrafiquants présumés ", d'autant plus que le trafic de drogue n'est pas passible de la peine de mort en droit américain. La seule justification possible pour de telles actions serait la légitime défense face à une attaque armée imminente. Or, pour les experts, " il n'y a aucune preuve que ce groupe mène une attaque armée contre les États-Unis ".

Ils ont enjoint à Washington d'" enquêter de manière indépendante sur ceux qui ont ordonné et exécuté ces meurtres ", de poursuivre les auteurs et d'offrir des réparations aux familles des victimes, comme l'exige le droit international.

Une escalade militaire aux contours flous et aux conséquences imprévisibles

Alors que les États-Unis ont massivement déployé des forces militaires dans les Caraïbes au nom de la lutte antidrogue, la revendication d'une troisième frappe sans aucun détail officiel ajoute au climat de tension et d'opacité.

Cette escalade place la communauté internationale devant un précédent dangereux : celui d'une puissance utilisant la force militaire létale en haute mer contre des suspects de crime organisé, sans procès et en dehors d'un cadre de légitime défense clairement établi. La balle est désormais dans le camp de l'administration Trump, sommée de fournir des preuves et des justifications, tandis que le Venezuela brandit la menace d'une réponse.

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