Si les observateurs disent que les deux hommes ne regardent plus dans le même sens, Alexandre tient à prouver qu'il n'y a pas de brouille entre eux (photo d'archives)
Dans une lettre, le président de Région explique sa position suite à la candidature de son premier vice-président au poste de sénateur. Pour lui, son souhait de voir Jocelin Ho-Tin-Noé revenir sur sa décision n'a rien à voir avec de la stratégie politicienne.
Ces dernières semaines, à l'approche de l'élection sénatoriale, la Guyane bruissait d'une brouille entre le président de Région et son premier vice-président. Deux hommes qui ont oeuvré ensemble pour conquérir la Région Guyane et la mairie de Cayenne. Dans un communiqué, Rodolphe Alexandre préfère parler d'une « prétendue rupture » qui a été « montée de toutes pièces dans les médias locaux » . Il entreprend, par le biais de cette missive, de « mettre un terme à toute ambiguïté » . Sur deux pages, il revient sur le déroulé de ces derniers mois, évoquant même le moment où Jocelin Ho-Tin-Noé lui a confié son intention de briguer l'un des sièges de sénateurs. Rodolphe Alexandre dit avoir accueilli « cette velléité avec perplexité ; non que je doute qu'il ait les capacités d'exercer la fonction avec succès mais tout simplement parce que son éventuelle élection, et la démission qu'elle entraînerait de facto de sa fonction de premier vice-président, me priverait précisément d'une personne de grande qualité » .
L'homme fort de Guyane 73 reconnaît, humblement, qu'il a souhaité que Jocelin Ho-Tin-Noé revienne sur sa décision. « Néanmoins, je m'incline devant sa volonté ferme et définitive de siéger au palais du Luxembourg » , écrit le président de Région qui, pendant de longues lignes, dresse le portrait idyllique de son premier vice-président.
Reste à savoir si cette prise de position convaincra les observateurs qui, depuis des mois, ont fait part d'une tension entre les deux hommes. Il n'a échappé à personne que le président de Région a participé, fin juin, à la marche souvenir de Justin Catayée. Marche organisée par le Parti socialiste guyanais, l'ancien mouvement auquel il appartenait. Sans aller jusqu'à imaginer un retour en grâce de ce dernier, il était sous-entendu qu'il pouvait apporter son soutien à Antoine Karam, dans le cadre des sénatoriales, en échange d'un coup de pouce du PSG au moment de la collectivité unique. Le cas échéant, Jocelin Ho-Tin-Noé aurait été le dindon de la farce. D'ailleurs, l'intéressé ne s'est jamais prévalu de l'étiquette Guyane 73 au cours de cette campagne, comme par le passé.
« N'étant toutefois pas propriétaire de l'avis des membres de Guyane 73, je donnerai prochainement à ceux qui le souhaiteront l'occasion de s'exprimer sur ce sujet » , conclut le président de Région.
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