Il y a eu de la discussion, mais elle est restée paisible. Mercredi soir, le conseil municipal de Saint-Laurent a officialisé sa demande d'un prêt de restructuration de 20 millions d'euros maximum auprès de l'Agence française de développement (AFD, lire nos éditions de vendredi et lundi). Il a accepté le protocole encadrant le budget municipal, malgré l'opposition de Serge-Aimé Saint-Aude et Jean-Paul Randolph. Pour le premier, ce protocole s'apparente à « une tutelle. Je ne suis pas contre le fait que Saint-Laurent puisse bénéficier d'un prêt de restructuration. Mais, c'est trop carré. » En cause, la limitation de la hausse de la masse salariale à 3%, l'obligation d'augmenter les recettes fiscales et l'encadrement des investissements. « Je veux bien qu'on prête à la commune, mais pas dans ces conditions. » Pour le maire Léon Bertrand, « il n'y a pas d'autres conditions » . Son adjoint Philippe Jouan ne les trouve pas trop contraignantes : « Depuis 2009, nous sommes suivis par la chambre régionale des comptes. Malgré ça, on continue d'investir. » « TOTALEMENT AUTONOMES EN 2017 »
Même s'il admet qu'il faut « parfois avaler des couleuvres » , Léon Bertrand estime que la mairie « reste maître à bord » et assure qu'il n'y aura pas d'augmentation des impôts : « Il ne s'agit pas d'augmenter la pression fiscale, mais d'élargir les bases » en faisant payer ceux qui ne contribuent pas pour l'instant. Il a reçu les représentants du personnel pour les rassurer sur les perspectives d'emplois. « Des communes ont bénéficié de ce dispositif il y a trois ou quatre ans et sont, aujourd'hui, dans une situation désastreuse. Pendant ce temps, nous avons réduit notre déficit de deux millions par an. Nous avons enfin la possibilité de voter un budget à l'équilibre. L'Etat nous fait confiance. Le but est d'être totalement autonome en 2017. » REPÈRES
Un prêt en trois fois
Mercredi, l'Agence française de développement dira si elle accepte ou non de prêter de l'argent à Saint-Laurent. Il s'agira d'un prêt maximal de 20 millions d'euros, à taux fixe, remboursable en vingt-cinq ans au plus. Il comprendra une première tranche de neuf millions dans les prochaines semaines. Elle permettra de payer les dettes de la commune à la Sécurité sociale et à Pôle emploi. La seconde tranche compensera des sommes que la mairie n'arrive pas à encaisser depuis 1991, estimées à 3,5 millions. La troisième partie doit permettre d'investir. Les deux dernières tranches pourront diminuer, en fonction de terrains que l'Etat pourrait céder à la mairie et que celle-ci aménagerait puis revendrait pour augmenter ses recettes.
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