Où en est-on de l’évolution statutaire pour la Guyane ?
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POLITIQUE

Où en est-on de l’évolution statutaire pour la Guyane ?

M.A.
Une délégation du congrès des élus de Guyane rencontre le cabinet du ministre de l'Intérieur dans le cadre du projet d'évolution statutaire pour la Guyane.
Une délégation du congrès des élus de Guyane rencontre le cabinet du ministre de l'Intérieur dans le cadre du projet d'évolution statutaire pour la Guyane. • CTG

Ce 21 juillet, une délégation du congrès des élus de Guyane a rencontré le cabinet du ministre de l’Intérieur pour relancer le projet d’évolution statutaire. Défendue par le président de la CTG, cette évolution statutaire répond à un double constat : les réalités du territoire nécessitent une politique différenciée et le principe d’égalité entre l’hexagone et ses territoires ultramarins que ce soit en matière de santé ou d’éducation reste à géométrie variable en dépit du concept de continuité territoriale.

À la suite de cette rencontre, France Guyane a interrogé le président de la CTG Gabriel Serville pour faire le point.

 Ils étaient neuf ce matin place Beauvau à Paris, le président de la CTG, son 1er vice-président Jean-Paul Fereira, Roger-Alain Aron, 7e vice-président délégué à l’évolution statutaire, Boris Chong-Sit, conseiller territorial représentant du groupe Unis et Engagés, les députés de la 1e et 2e circonscription Jean-Victor Castor, et Davy Rimane, les sénateurs, Marie-Laure Phinéra Horth et Georges Patient, et François Ringuet, président de l’association des maires de Guyane pour rencontrer les membres du cabinet du ministre de l’Intérieur afin de porter d’une même voix la question de l’évolution statutaire.
Quelles sont les principales conclusions que vous tirez de cette réunion qui portait sur l’évolution statutaire de la Guyane ? Quelles ont été les avancées obtenues ? Quel chemin reste à parcourir ?

L’objectif était de rencontrer le cabinet du ministre de l’Intérieur, qui est aussi ministre des Outre-mer, afin de lui expliquer quelles étaient nos attentes par rapport aux délibérations que nous avions prises et qui donnaient le cap d’une inscription de la Guyane dans la Constitution comme collectivité territoriale dotée d’une autonomie.

 Nous avons été reçus aujourd’hui par le directeur de cabinet du ministère de l’Intérieur accompagné de trois de ses proches collaborateurs. Nous leur avons exposé le projet et les délibérations arrêtées par les élus du Congrès. L’objectif était de reprendre la marche en avant en leur demandant d’abord de nous écouter, pour comprendre, et ensuite de pouvoir mettre en place un calendrier de travail et définir la personne la mieux placée qui va dorénavant faire l’interface entre les élus du Congrès et le gouvernement.

 La discussion a été très sereine. Nous avons posé le cadre, nous avons posé les problèmes. Le directeur de cabinet était à l’écoute, et nous avons lourdement insisté sur l’urgente nécessité à organiser une rencontre avec le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, seule ministre qui a la compétence régalienne afin qu’il entende les revendications de la Guyane. Nous nous sommes séparés avec l’idée de mettre en place un protocole qui doit permettre d’accompagner la Guyane vers la mise en place de ce calendrier de travail. En effet, l’idée que nous défendons est celle d’une co-construction du projet avec le gouvernement.

 Pour nous, c’était une excellente démarche, nous avons pu afficher l’unité des élus de la Guyane, toutes tendances confondues. En effet, c’est un sujet vieux de plusieurs décennies et sur lequel nous sommes prêts à franchir le pas et à aller de l’avant.

 Je pense que c’est ce message que nous avons réussi prioritairement à faire passer, et à partir de là nous ne doutons pas que la suite sera favorable, à condition que nous-mêmes élus nous nous en donnions les moyens.
 
Depuis peu, le ministère des Outre-mer est rattaché au ministère de l’Intérieur, pensez-vous que cette nouvelle gouvernance bénéficie aux territoires ultramarins ? 

 Nous sommes au début d’une mandature, M. Carenco a été nommé très récemment. Cependant, nous considérons, qu’au même titre que la Corse, s’il y a un ministère compétent pour entendre les revendications que nous portons, c’est bien le ministère de l’Intérieur. Nous avons la chance aujourd’hui que ce ministère de l’Intérieur soit également le ministère des Outre-mer, nous aurons dorénavant deux interlocuteurs au lieu d’un, c’est tant mieux. Nous espérons surtout, que ces deux interlocuteurs auront compris l’urgence de la situation.

 Qu’il s’agisse de la gestion de la crise migratoire, des mules, du développement économique, des problèmes liés à la gestion de la santé, à l’éducation, de près ou de loin, tout cela nous ramène à un cadre statutaire qui est la colonne vertébrale de notre organisation administrative et technique ; et on se rend bien compte que, souvent, nous n’arrivons pas à régler ces problèmes parce que ce cadre n’est pas pensé pour la Guyane. C’est aussi pour cette raison que nous avons considéré qu’il était important de poser le cadre en expliquant au directeur de cabinet et à ceux qui l’accompagnaient que notre démarche se veut pragmatique et non dogmatique ou idéologique.

 Il s’agit d’un constat, les lois qui sont rédigées ne prennent pas en considération les problématiques de nos territoires d’Outre-mer. Il est urgent que la Guyane bénéficie d’un cadre statutaire qui lui soit propre, tout en restant dans le cadre de la Constitution de la République. Ce n’est pas une mise à l’écart, c’est simplement une autre manière de considérer notre présence au sein de la République française pour pouvoir répondre aux aspirations de la population.