« Une politique antisociale et anti-ultramarine »
Le député Gabriel Serville est le seul parlementaire du département qui n’a pas fait le choix d’être apparenté au parti du président de la République. Il justifie sa décision et met les points sur les « i » concernant les sujets qui font l’actualité.
Je tire un bilan positif de ces six années passées au service de la Guyane à l’Assemblée nationale. Certes, nous n’avons pas tout obtenu, pas tout gagné et de nombreux dossiers restent en cours, mais je persévère et n’abandonne jamais. Le combat politique doit s’inscrire dans la durée et nous ne sommes pas dans l’instantané. Le plus important reste le bilan que font les Guyanais de mon mandat à leur service et je pense que le renouvellement de leur confiance dans le contexte social de dégagisme que l’on sait parle de lui-même.
Pas du tout ! Au lendemain des législatives, j’ai été abordé par la plupart des formations politiques, dont celle d’Emmanuel Macron, en vue de constituer les groupes parlementaires. J’ai fait le choix d’être fidèle à mes valeurs et de rejoindre les bancs de l’opposition. C’est un choix difficile car influer sur la décision quand on siège dans l’opposition n’est pas chose facile. Cela nécessite de redoubler d’efforts et peut être frustrant tant la majorité se montre insensible à nos arguments, même quand ils sont pertinents. Mais c’est un choix dont je me félicite chaque jour quand je mesure la politique antisociale et surtout anti-ultramarine mise en œuvre par le gouvernement. J’aurais été très mal à l’aise aujourd’hui si on m’avait demandé de soutenir la réforme de l’abattement fiscal Outre-mer, la baisse des aides aux entreprises guyanaises, la baisse des aides au logement, des aides à la mobilité de nos jeunes, l’affaire Benalla, etc. Non, je ne regrette rien.
Ce débat s’annonce comme une vaste mascarade. C’est le choix du président de la République pour ne pas assumer ses responsabilités face aux français, eu égard à sa forme et surtout aux questions qui sont toutes orientées et n’ont pour seul objectif que de valider la politique du gouvernement. Celle-là même qui a mis des dizaines de milliers de Français dans les rues. On marche sur la tête ! En Guyane, on sort des états généraux, des assises de l’Outre-mer, de mars-avril 2017... Les constats sont posés, les propositions avancées, il est temps d’agir !
Le président de la Collectivité défend ses positions et moi les miennes. C’est le jeu démocratique et c’est tant mieux. Par contre, je m’étonne de cette propension que démontrent les fonctionnaires affectés en Guyane à commenter les « positions et actions » des élus, comme vous dites. Je rappelle à toutes fins utiles que la Constitution, clé de voûte de nos institutions, délivre aux parlementaires la responsabilité de contrôler l’action de l’État et d’évaluer les politiques publiques. Pas l’inverse.
Je ne pourrais m’avancer sur les suites qui seront réservées à ma proposition de résolution. Ce que je sais, c’est qu’elle est signée par 71 députés de l’ensemble des huit groupes politiques de l’Assemblée nationale. C’est assez exceptionnel et mérite d’être souligné pour une initiative émanant de l’opposition. Par ailleurs, 25 des 27 députés des Outre-mer sont co-signataires de la proposition, ce qui témoigne d’une volonté partagée de refuser que la menace de catastrophe écologique et sanitaire ne vienne s’inscrire à la longue liste de ce qu’ont déjà subi les ultramarins. J’ai fait inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée un débat en séance plénière sur Montagne d’or. Il est programmé pour la semaine du 4 février. La mobilisation va donc s’intensifier. Quant à savoir si je suis jusqu’au-boutiste, je cite la récente décision de l’État d’allouer les recettes issues de la vente d’or saisies lors des opérations Harpie à la lutte contre l’orpaillage illégal. Il s’agit là d’une proposition que j’avais introduite à mon arrivée à l’Assemblée en 2012 et qui avait essuyé un refus catégorique. Fort de ténacité, je n’ai pas baissé les bras et suis revenu à la charge avec des amendements et une proposition de loi en 2015 qui, à chaque fois, ont essuyé des refus du gouvernement. Finalement, fin 2017, Emmanuel Macron reprend l’idée à son compte et ma proposition est aujourd’hui réalité. La persévérance paie toujours !
Pour avoir échangé longuement avec la nouvelle directrice de l’Agence régionale de santé (ARS), je n’ai pas eu le sentiment qu’elle portait un jugement de valeurs sur le profil des élus. Si tel était le cas, je m’étonne encore que les fonctionnaires commentent l’action politique. Je garde bon espoir que nous puissions travailler efficacement avec la nouvelle directrice de l’ARS, chacun à son niveau, pour améliorer la qualité de l’offre publique de soins en Guyane. Et il y a du boulot !
Un protocole de fin de conflit a été signé et je veux féliciter ici les personnels de l’hôpital qui ont accepté des concessions dans l’intérêt des Kourouciens et des patients. Cela ne veut pas dire que les discussions s’arrêtent. Plusieurs rendez-vous sont pris avec la ministre de la Santé et avec la ministre de la Recherche pour élaborer les compléments de solutions susceptibles d’améliorer à la fois le cadre de travail des agents et le fonctionnement du centre hospitalier de Kourou.
Non. Aucune nouvelle. Il s’agit là d’une responsabilité du président de la CTG.
L’énergie positive que me renvoient les citoyens guyanais est à la hauteur de mes espoirs. Leur motivation et leur implication au sein du mouvement politique Péyi Guyane sont de vrais éléments de satisfaction qui, à moyen terme, nous permettront de hisser notre territoire au rang de carrefour mondial d’excellence.
Le député Gabriel Serville à sa permanence à Cayenne
- BERNARD DORDONNE
Le député Gabriel Serville à sa permanence à Cayenne
- BERNARD DORDONNE

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