Les Républicains choisissent leur nouveau patron
Soutenez la presse écrite et France-Guyane : >ABONNEZ-VOUS !
Politique

Les Républicains choisissent leur nouveau patron

AFP
(g-d) Eric Ciotti, Aurélien Pradié et Bruno Retailleau, candidats à la présidence des Républicains, à l'issue d'un grand oral au siège du parti, le 26 novembre 2022 à Paris
(g-d) Eric Ciotti, Aurélien Pradié et Bruno Retailleau, candidats à la présidence des Républicains, à l'issue d'un grand oral au siège du parti, le 26 novembre 2022 à Paris • GEOFFROY VAN DER HASSELT

Qui d’Éric Ciotti, Aurélien Pradié ou Bruno Retailleau prendra la tête des Républicains ? Les adhérents LR dessinent dimanche le profil de leur leader, au premier tour d'un scrutin crucial pour l'avenir de ce parti en quête d'une nouvelle ligne directrice.

Depuis samedi 18H00, les 91 110 adhérents peuvent se prononcer par voie électronique entre ces trois nuances de droite pour savoir qui deviendra le nouveau patron du parti, après la démission de Christian Jacob en juin (l'intérim a depuis été occupé par Annie Genevard).

A 14H00 dimanche, la participation s'élevait à 60%, mais impossible de tirer quelque conclusion sur l'issue du scrutin. 

Il faudra attendre quelques minutes après 18H00 pour avoir le verdict de ce premier tour. Si aucun candidat ne réunit 50% des voix, un second tour aura lieu le weekend prochain.

Chacun des prétendants se prévaut d'une dynamique porteuse... mais "on est dans le brouillard total", reconnaît un proche d'un candidat, en l'absence de sondage et de visibilité sur les contours d'un corps électoral qui a gonflé à l'approche de l'élection.

Sur le papier, Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, apparaît comme favori, à la tête de la plus grosse fédération du pays (presque 9 000 membres). 

Son langage très ferme sur le régalien et l'immigration plaît dans le Sud-Est et au-delà, comme l'a illustré sa performance à la primaire de 2021: il s'était alors hissé au second tour, rassemblant près de 40% des voix face à Valérie Pécresse.

Cette ligne très droitière a, au début de la campagne, pu alimenter les prédictions de départs au sein du parti s'il était élu. Une rhétorique aussi entretenue par la majorité macroniste, qui poursuit depuis cinq ans son entreprise de séduction de la droite.

Mais le questeur de l'Assemblée nationale peut compter sur le soutien du très populaire Laurent Wauquiez, qu'il veut rapidement porter comme candidat de la droite pour 2027. 

Et il se dit "serein" face à l'enquête ouverte par le Parquet national financier (PNF) sur des emplois de son ex-épouse.

LR, une droite étanche ?
 

Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR, représente pour sa part l'aile conservatrice et libérale de LR dans cette élection.

Le Vendéen peut se targuer d'une longue liste de soutiens, qui lui ont un temps valu l'étiquette de modéré, malgré ses positions.

L'élu issu du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers a martelé son intransigeance sur le régalien au cours de la campagne, et raille à mots couverts un accord de ses concurrents après leur réunion commune mardi: "Si on se coalise contre moi, c'est bien que je représente un danger".

 

Challenger, le député du Lot Aurélien Pradié peut certes "faire un score", estime un cadre du parti, mais "la deuxième place semble quand même lointaine".

Avec sa ligne de "droite populaire" aux préoccupations sociales, illustrées par un texte sur la création de juridictions spécialisées dans les violences conjugales qu'il a fait adopter jeudi à l'Assemblée nationale, il affiche aussi des accents très fermes sur le régalien.

Car les candidats n'ont cessé de durcir le ton, soucieux de marquer leur différence avec la macronie, même si les députés LR apportent ponctuellement à la majorité les voix nécessaires pour faire voter des textes.

Certains élus poussent, dans le même temps, à aller plus loin dans l'alliance avec Emmanuel Macron, comme le maire de La Baule Franck Louvrier, qui dans le Journal du Dimanche appelle à "conclure un contrat de gouvernement", sous peine de voir toute réforme "stoppée dans le pays".

"S'allier, c'est se diluer. C'est disparaître", a répliqué le président LR du Sénat Gérard Larcher au Grand Jury LCI-Le Figaro-RTL.

Mais "je ne partage pas une once" de la démarche d’Éric Zemmour, dont le parti Reconquête! fête dimanche son premier anniversaire, a-t-il ajouté.

De son côté Marion Maréchal, vice-présidente de Reconquête!, a estimé sur France Info que "l’avenir de la droite ne passera pas par le congrès des Républicains ni même par ce mouvement".