Les députés ne chôment pas à l'Assemblée nationale
Les deux députés guyanais, malgré l'opposition du gouvernement, ont réussi à se faire entendre lors des débats du projet de loi de finances 2026
Davy Rimane, en tant que président de la délégation des Outre-mer avait porté le combat victorieux de ses homologues ultramarins contre le rabotage des exonérations créées par la loi pour le développement économique des outre-mer (lire Tribune p.30), mercredi dernier. Cette semaine, ce sont deux amendements portés par son groupe démocrate et républicains (GDR) sur la Guyane qui ont été votés.
125000 hectares de foncier agricole
Celui sur la libération de foncier agricole entre 125 000 hectares et 150 000 hectares en faveur de la Safer contre les 20 000 hectares prévus lors de sa création dans les accords de 2017. « L'objectif partagé par l'État, la collectivité territoriale de Guyane et la chambre d'agriculture est d'atteindre 75 000 hectares de terres agricoles d'ici à 2030 », rappelle le député GDR Nicolas Sansu.
« Compte tenu des contraintes naturelles, seule la moitié des terres transférées peut réellement être mise en culture. L'agriculture n'occupe que 0,47 % des surfaces tandis qu'environ 50 % du territoire hexagonal est agricole. La conséquence est directe : la Guyane ne couvre qu'environ 20 % de ses besoins alimentaires », conclut le député communiste. L'amendement a été voté à une croute majorité (68 vs 53). France-Guyane a contacté la Safer. L'entité agricole n'a pas préféré réagir sur le sujet. Elle attend la validation de cet amendement et donc son passage devant le Sénat.
Quand on connaît les difficultés que représentent l'identification des terres et leur restitution, on peut facilement imaginer que cet objectif de 150 000 hectares chamboule les plans de gestion humaine de cet organisme. Un défi hors norme à moins que la Collectivité territoriale et l'État augmentent fortement leur participation au budget qui n'est que de 250 000 euros chacun d'après les accords de 2017. Pour l'instant, 200 000 hectares agricoles ont été recensés. 130 000 ont déjà été attribués, plus les 20 000 de la Safer. Deux sources indiquent que les 50 000 derniers hectares seront donnés aux communes dans le cadre de la rétrocession des 250 000 hectares inclue dans les accords de 2017.
Pas de malus sur les voitures
L'autre amendement concerne le malus écologique dont sera épargné la Guyane. L'article du PLF instaure une taxe de 650 euros en 2026 et 800 euros en 2027 pour les diesels et 130 euros et 160 euros pour les véhicules essences. Malgré l'opposition du gouvernement et d'un député qui a peur qu'une filière de véhicules achetés en Guyane puis vendus dans l'hexagone ne se créée, les députés ont voté pour à une large majorité (131 vs 48). Il s'agit de deux amendements votés en 2024 mais pas repris dans la loi de finances (PLF) passée par 49.3. Cette année, ce dispositif ne sera pas utilisé donc les deux amendements devraient aller au bout.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters