Le Sénat dit oui à l'exploitation d'hydrocarbures dans les Outre-mer
La proposition de loi de Georges Patient a recueilli 227 voix pour et 105 voix contre
Les sénateurs ont adopté jeudi 29 janvier la loi proposée par le sénateur guyanais Georges Patient visant "à lever, dans les territoires d'outre-mer, l'interdiction de recherche, d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures".
Dans une assemblée clairsemée, les sénateurs ultramarins se sont battus pour faire adopter la proposition de loi du groupe macroniste (RDPI), malgré l'avis défavorable du gouvernement.
Appuyé par ses collègues ultramarins, Georges Patient a présenté le texte, voulu de longue date par les élus guyanais. Le sénateur a rappelé sa volonté : permettre à la Guyane de se développer, en utilisant ses propres ressources, à l'instar de ses voisins.
Les arguments scientifiques sur le déréglement climatique, tout comme l'opposition des ONG environnementales, n'ont pas suffi à convaincre la chambre haute de voter contre ce texte. Le sénateur Georges Patient a même comparé l'écologie à une nouvelle forme de colonialisme, se disant "refuser une écologie punitive".
Alors que les territoires ultramarins sont les premiers impactés par le dérèglement climatique, les sénateurs ultramarins de divers groupes politiques ont prôné une "souveraineté énergétique indispensable" et la possibilité de créer une exploitation d'hydrocarbures "raisonnée", avec des "normes environnementales élevées", comme l'a déclaré Marie-Laure Phinéra-Horth.
Lors de ce débat, les sénateurs ultramarins ont affirmé leur besoin d'être entendus et ont dénoncé "une hypocrisie de l'Etat" sur sa politique concernant ces territoires. "Il faudrait arrêter de donner des leçons sur ce que nous voulons pour notre territoire", a martelé Georges Patient.
De l'autre côté, le gouvernement était représenté par le ministre de l'économie Roland Lescure, et non par la minsitre de la Transition écologique comme l'a souligné Micheline Jacques, la présidente de la délégation sénatoriale aux Outre-mer.
Le gouvernement a maintenu son désaccord sur cette proposition de loi jugée comme un "contresens social et environnemental", qui ne résoudrait pas les problèmes du territoire guyanais.
"On ne construit pas un modèle social solide sur un puit de pétrole incertain", a avancé Roland Lescure. Le ministre de l'économie a développé d'autres pistes pour développer le territoire, en s'appuyant sur la filière minière et les énergies renouvelables.
Une ligne partagée par le sénateur des Ecologistes Yannick Jadot, vent debout contre cette loi : "Oui, la pauvreté, le chômage, le manque d'infrastructures en Guyane et dans les territoires ultramarins est un scandale de la République. Est-ce qu'on va remplacer la République par des groupes pétroliers, c'est ça la solution ?"
L'ancienne ministre des Outre-mer Annick Girardin, a dénoncé une "parenthèse illusoire", avec des retombées économiques locales "faibles, volatiles et concentrées". La sénatrice de Saint-Pierre-et-Miquelon a surtout déploré que l'Etat français n'ait pas mis en place une compensation pour les territoires ultramarins au titre de leur contribution à la décarbonation, alors qu'elle était ministre des Outre-mer lors de l'adoption de la loi Hulot.
Avec 227 voix pour sur un total de 340 votants, la proposition de loi de Georges Patient a été adoptée par le Sénat. Le texte va désormais être examiné par l'Assemblée nationale.
Une proposition de loi soutenue par la CTG
Lors de l'assemblée de Guyane, réunie le 29 janvier, les élus ont voté une motion de soutien à la proposition de loi du sénateur Georges Patient.
L'assemblée a demandé aux parlementaires de "prendre en compte les réalités des territoires ultramarins concernés (principalement
la Guyane et Mayotte), notamment leurs perspectives de développement contraintes et leur taux
de pauvreté record à l’échelle nationale, rendant d’autant moins acceptable de les priver des
retombées générées par l’exploitation de telles ressources".

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