George Pau-Langevin traverse la Guyane, du Maroni à l’Oyapock
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George Pau-Langevin traverse la Guyane, du Maroni à l’Oyapock

Propos recueillis par Pierre Rossovich

Une dizaine de jeunes adultes de Maripasoula attendaient samedi matin la ministre des outremers, pancarte à la main. « Désenclavez-nous », « Plus de 10 000 habitants aucuns moyens médicaux », « À quand le lycée ? », pouvait-on lire sur ces dernières. © photos : Pierre Rossovich

© photos : Pierre Rossovich

La Guyane compte 46 chefs coutumiers : 26 noir-marrons et 20 amérindiens. © photos : Pierre Rossovich

Le Gran Man Wayana de Touanke, Amai Potï, lors de la visite de George Pau-Langevin à Maripasoula, s’exprimant sur les espèces protégées : « Nous vivons depuis longtemps sur nos territoires et nous voulons y vivre longtemps encore. On vit de la chasse, c’est ce que l’on mange tous les jours, comme vous vous mangez du poulet ». © photos : Pierre Rossovich

George Pau-Langevin à Maripasoula, plus grande commune de France, le 7 février 2015 © photos : Pierre Rossovich

Le maire de Maripasoula, Serge Anneli (écharpe tricolore) présente les projets de la commune à la ministre © photos : Pierre Rossovich

George Pau-Langevin s'essaie au pangi avec bonne humeur © photos : Pierre Rossovich

La ministre des outremers manque encore de technique pour bien porter le pangi... © photos : Pierre Rossovich

Rapide tour du bourg de Maripasoula pour les élus © photos : Pierre Rossovich

George Pau-Langevin accueillie à l'aérodrome de Camopi © photos : Pierre Rossovich

La ministre a visité la scierie de Camopi pour la signature d’une convention entre l’AFD et la mairie pour la formation des jeunes Camopiens. À droite, le nouveau maire Joseph Chanel © photos : Pierre Rossovich

La ministre en pirogue sur l'Oyapock © photos : Pierre Rossovich

© photos : Pierre Rossovich

Joseph Chanel, maire de Camopi © photos : Pierre Rossovich

© photos : Pierre Rossovich

Samedi, la ministre des outremers était en visite éclair à Maripasoula et Camopi. Dans la commune du Maroni, elle a pu rencontrer les chefs coutumiers, les représentants du CCPA (conseil consultatif des populations amérindiennes et bushinengues), et le nouveau maire Serge Anelli. Dans celle de l’Oyapock, elle a visité la scierie pour la signature d’une convention entre l’AFD et la mairie pour la formation des jeunes Camopiens. Puis, l’association Ader a réalisé une présentation du diagnostic concernant le suicide.

Pourquoi avoir choisi Maripasoula et Camopi pour votre visite en Guyane ?
J’avais reçu les élus de Maripasoula au mois de juin dernier, avec la députée Chantal Berthelot. Ils m’avaient alors exposé les difficultés de leur commune : un très grand territoire et des moyens modestes. Par ailleurs, j’ai été interpellé au Sénat par des élus Verts, sur la situation des Amérindiens et notamment la prévalence des suicides dans cette population. Il était important que je vienne faire le point sur les politiques qui sont mises en oeuvre dans cette Guyane intérieure. Voir ce que l’on peut améliorer, quels équipements sont indispensables, et surtout juger des évolutions à prévoir en matière d’éducation, pour que les enfants puissent à la fois apprendre les principes de la République, tout en gardant leur culture. Une équation délicate.
Votre première impression ?
Il y a ici une énergie palpable, une envie d’entreprendre. On est loin d’être face à une population résignée. Au contraire, elle se projette dans l’avenir. Il y aussi des angoisses, dans la communauté amérindienne, notamment chez les jeunes.
Vous avez annoncé la venue de deux parlementaires
Le premier ministre Manuel Valls va dépêcher deux parlementaires en mission : Marie-Anne Chapdelaine, députée socialiste de la première circonscription d’Îlle-et-Vilaine et Aline Archimbaud, Sénatrice écologiste de la Seine-Saint-Denis. Ce ne sont pas des Guyanaises, mais elles viendront avec un regard extérieur se rendre compte des demandes de la population et elles viendront évaluer si ce que nous mettons en place est de nature à améliorer la situation. L’association Ader* a déjà commencé à Camopi un travail de recherche dans ce sens. C’est un travail de longue haleine.
Autre sujet, allez-vous suivre les recommandations des chefs d’entreprise guyanais quant à l’intégration de la Guyane dans le marché unique ?
J’ai reçu le courrier des chefs d’entreprise et j’ai dîné avec eux hier soir (ndrl : vendredi 6 janvier). Je comprends qu’ils ont peur de ne pas être traités à égalité avec les Antilles. Je n’avais pas le sentiment que les produits guyanais étaient submergés par les produits antillais. Mais s’ils le vivent comme ça, il faut que l’on retravaille le sujet et qu’ils se mettent d’accord. Tant qu’il n’y aura pas de consensus, le gouvernement ne changera pas la loi.
Les propos de François Hollande sur la Shoah étant le « plus grand génocide de l’histoire » ont fait polémique. Votre réponse à la missive de Joëlle Ursull a elle-même fait l’objet d’une controverse. Est-ce que le sujet est trop sensible pour qu’on puisse en parler sereinement ?
C’est vrai que c’est un sujet passionnel. Joëlle Ursull a donné l’impression de relancer une polémique sur la concurrence des mémoires. Mon argument était purement juridique et redonnait la définition d’un génocide. Mais je comprends que pour certains, qui vivent cela de façon intense, l’aspect juridique ne soit pas suffisant. Sur le fond, je persiste à dire que si nous voulons vivre ensemble, ce n’est pas en faisant une concurrence des mémoires qu’elle quelle soit. Par exemple, ici en Guyane, nous avons énormément de cultures, de gens qui voient le monde différemment… Il n’y a jamais eu d’antisémitisme dans les DOM. Je pense qu’il ne faut absolument pas que l’on importe cela.
* L’association Ader (Actions pour le Développement, l’Education et la Recherche) Guyane a été fondée en 2009 avec comme objet le développement social, culturel, économique, sanitaire et scientifique de la Guyane.
« Maripasoula 1969-2015 : quels changements ? »

• photos : Pierre Rossovich


Une dizaine de jeunes adultes de Maripasoula attendaient samedi matin la ministre des outremers, pancarte à la main. « Désenclavez-nous », « Plus de 10 000 habitants aucuns moyens médicaux », « À quand le lycée ? », pouvait-on lire sur ces dernières. « Nous sommes là pour porter une voix, explique Abienso Feneli. On réclame le désenclavement de Maripasoula. C’est un terme très vaste. Nous demandons entre autres l’égalité de l’éducation. On veut plus de réussite, donc un lycée pour Maripasoula. On veut plus de moyens médicaux, nous sommes sur un territoire français comme les autres ! Maripasoula compte plus de 10 000 habitants. 17 000 habitants avec Papaïchton. Il y a t’il un vrai changement entre 1969 (ndlr : date à laquelle Maripasoula devient une commune) et 2015 ? ». Les manifestants n’ont pas reçu de réponse directe de la ministre.
L'esclavage fut bien un génocide, pour Antoine Karam
Le Sénateur Antoine Karam, histoirien de profession, ne partage pas le point de vue de George Pau-Langevin sur le fait que l'esclavage n'eut pas été un génocide mais un crime contre l'humanité : "L'esclavage est un génocide. La moitié des captifs mourraient durant le voyage les arrachant de leur terre pour les emmener dans les colonies. Sauf que les morts n'ont pas été comptabilisés...".
Jocelyn Thérèse demande des compensations pour les victimes de l'orpaillage

Le président du Conseil consultatif des populations amérindiennes et bushinengues (CCPAB) s'est fendu d'un discours clair et précis à Maripasoula : "Le Conseil doit être consulté sur tous les projets ayant un impact sur la vie des Amérindiens et des Bushinengues. Il ne doit pas avoir uniquement un rôle administratif", a t-il déclaré devant la ministre qui prenait note. Jocelyn Thérèse a également fait part de l'inquiétude des Chefs coutumiers Aluku et Wayana - "la plus ancienne force politique guyanaise" - quant à savoir s'ils seront reconnus par la future collectivité unique : la Collectivité Territoriale Guyanaise (CTG). La ministre les a rassuré sur ce point : "La France n'a pas besoin de nier ses entités culturelles", a t'elle déclaré.
Jocelyn Thérèse a enfin demandé la mise en place d'un processus de compensation pour les populations dont la sécurité alimentaire est affectée par l'orpaillage clandestin. "Nous ne considérons pas la forêt comme une marchandise. La biodiversité, nous la vivons", a t'il conclu.
46 chefs coutumiers payés par le Conseil général
La Guyane compte 46 chefs coutumiers : 26 noir-marrons et 20 amérindiens. • photos : Pierre Rossovich

La Guyane compte 46 chefs coutumiers : 26 noir-marrons et 20 amérindiens. Ils sont tous rémunérés par le Conseil général, pour un total d'environ 230 000 euros par an. À l'inverse des prêtres, le Conseil général ne remet pas en cause cette prise en charge salariale. Au contraire, "les chefs nous sont d'une grande aide, surtout au niveau social, dans nos contacts avec les populations", a glissé Alain Tien-Liong, président du département à la ministre des outremers.

Le Gran Man Wayana de Touanke, Amai Potï, lors de la visite de George Pau-Langevin à Maripasoula, s’exprimant sur les espèces protégées : « Nous vivons depuis longtemps sur nos territoires et nous voulons y vivre longtemps encore. On vit de la chasse, c’est ce que l’on mange tous les jours, comme vous vous mangez du poulet ». - photos : Pierre Rossovich

Le Gran Man Wayana de Touanke, Amai Potï, lors de la visite de George Pau-Langevin à Maripasoula, s’exprimant sur les espèces protégées : « Nous vivons depuis longtemps sur nos territoires et nous voulons y vivre longtemps encore. On vit de la chasse, c’est ce que l’on mange tous les jours, comme vous vous mangez du poulet ». • photos : Pierre Rossovich
George Pau-Langevin à Maripasoula, plus grande commune de France, le 7 février 2015 • photos : Pierre Rossovich
Le maire de Maripasoula, Serge Anneli (écharpe tricolore) présente les projets de la commune à la ministre • photos : Pierre Rossovich
George Pau-Langevin s'essaie au pangi avec bonne humeur • photos : Pierre Rossovich
La ministre des outremers manque encore de technique pour bien porter le pangi... • photos : Pierre Rossovich
Rapide tour du bourg de Maripasoula pour les élus • photos : Pierre Rossovich
George Pau-Langevin accueillie à l'aérodrome de Camopi • photos : Pierre Rossovich
La ministre a visité la scierie de Camopi pour la signature d’une convention entre l’AFD et la mairie pour la formation des jeunes Camopiens. À droite, le nouveau maire Joseph Chanel • photos : Pierre Rossovich
La ministre en pirogue sur l'Oyapock • photos : Pierre Rossovich
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Joseph Chanel, maire de Camopi • photos : Pierre Rossovich
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