Emmanuel Macron annonce un service national volontaire de dix mois pour renforcer les armées
Le président de la République a présenté jeudi un nouveau service national d'une durée de dix mois, entièrement militaire et basé sur le volontariat. Ce dispositif, qui débutera progressivement à l'été 2026, vise à répondre aux "besoins des armées".
Lors d'un discours prononcé au sein de la 27e Brigade d'Infanterie de Montagne à Varces, en Isère, Emmanuel Macron a officiellement acté la création de ce nouveau service national. Le dispositif comprendra un mois de formation initiale suivie de neuf mois d'affectation au sein des armées. Le chef de l'État a précisé que les volontaires serviraient "exclusivement sur le territoire national", écartant explicitement tout envoi en Ukraine. La mise en œuvre du service national suivra une progression graduelle. La sélection des premiers candidats débutera à mi-janvier 2026, pour un lancement effectif à l'été 2026. La première année, le dispositif concernera 3 000 jeunes volontaires. L'objectif est d'atteindre 10 000 participants annuels en 2030, puis 42 500 en 2035. En cumulant avec le service militaire volontaire (SMV) et le service militaire adapté (SMA) ultramarin qui seront maintenus, le total devrait atteindre 50 000 volontaires par an en 2035.
Le profil des volontaires et les conditions matérielles
Le recrutement ciblera principalement (à 80%) des jeunes de 18-19 ans, pour qui ce service pourra constituer une "année de césure" valorisée dans Parcoursup. Les 20% restants, âgés jusqu'à 25 ans, seront sélectionnés selon leurs spécialisations (ingénieurs, infirmiers, traducteurs). Chaque volontaire percevra une rémunération de 800 euros mensuels minimum, complétée par la prise en charge de l'hébergement, de la nourriture et de l'équipement. Le coût du dispositif est estimé à 2,3 milliards d'euros pour la période 2026-2030. Ces crédits seront inclus dans l'actualisation de la loi de programmation militaire, qui devra être prochainement soumise au vote du Parlement. Emmanuel Macron a qualifié cet effort budgétaire d'"indispensable", reconnaissant le contexte parlementaire particulièrement divisé.
L'abandon du Service National Universel (SNU)
Cette annonce marque l'arrêt définitif du Service National Universel (SNU), promis lors de la campagne présidentielle de 2017 et lancé en 2019. L'Élysée justifie cette décision par l'inadaptation du SNU au "contexte stratégique" actuel, faisant explicitement référence à l'invasion russe de l'Ukraine en 2022. Le SNU, destiné aux mineurs de 15 à 17 ans, n'avait jamais pu être généralisé.
La proposition a suscité diverses réactions dans la classe politique. La France insoumise défend l'idée d'une "conscription citoyenne" rémunérée au Smic, tandis que le sénateur UDI Hervé Marseille a mis en garde contre une annonce "purement médiatique". Par ailleurs, le général Fabien Mandon, chef d'état-major des armées, avait déclaré que le pays devait être prêt à "accepter de perdre ses enfants", des propos ayant provoqué une polémique. Emmanuel Macron s'est positionné contre le rétablissement de la conscription obligatoire, qualifiant cette idée de "méconnaissance de la réalité des armées". Douze pays européens maintiennent ou ont rétabli la conscription obligatoire, tandis qu'une demi-douzaine d'autres ont opté pour un service volontaire similaire au dispositif français.
Ce nouveau service national volontaire représente une évolution significative de la politique de défense française. Son succès dépendra de sa capacité à attirer les jeunes volontaires dans un contexte de tensions budgétaires et de divisions parlementaires, tandis que le gouvernement devra gérer les sensibilités politiques autour de cette question stratégique.

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