Avez-vous été surprise par le premier tour
de la présidentielle en Guyane ?
Quand on connaît les paramètres
sociologiques et historiques de la Guyane, on ne peut pas vraiment
être surpris. Les conditions étaient réunies pour que ce vote
contestataire, ce vote de transgression et antisystème, s'exprime.
Nous étions en situation de crise, la population ne se sentait pas
écoutée. On ne peut pas être étonné de voir des électeurs qui se
déplacent pour revendiquer leur existence et revendiquer leur
appartenance à cette société dans laquelle ils veulent se faire
entendre.
Le mouvement social a-t-il eu un effet
?
Indéniablement. On termine un mouvement
social le vendredi, on passe au vote le samedi. Il n'y a pas
vraiment le temps de reprendre ses esprits. Et que s'est-il passé
pendant ces quatre semaines ? Une classe moyenne s'est exprimée, a
exprimé son insatisfaction. Elle se sent prise en étau entre une
élite qui montre un niveau de vie bien meilleur et une population
issue de l'immigration qui a l'air d'avoir plus d'avantages
qu'elle. Cette classe moyenne a l'impression d'être délaissée,
abandonnée et n'a pas la possibilité de se projeter dans un avenir
positif. Cette incertitude a considérablement mobilisé la
population pendant ces quatre semaines, mais...
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