Murielle Hygin s'est fait le porte-parole de sa famille : « Nous ne sommes pas contre la Zac de la Chaumière, mais nous ne sommes pas non plus contre nous. » (KS)
Une motion a été adoptée mercredi soir par l'ensemble des conseillers municipaux. Les élus s'opposent à l'expropriation de Jean-Louis Hygin de son terrain de la Chaumière, programmée pour le 20 septembre. Suffisant pour faire plier l'Epag ?
Ils étaient nombreux, les membres de la famille Hygin à avoir fait le déplacement depuis l'Hexagone pour assister au dernier conseil municipal de Matoury, mercredi. Pendant plus de trois heures, ils ont suivi les débats, attendant patiemment que leur « cas » soit enfin évoqué. Sous l'intitulé « Point XIV A, affaire Hygin » , le résumé de leur combat contre l'Epag. L'aménageur est chargé de la réalisation de la Zac de la Chaumière, qui prévoit logements, groupe scolaire, crèche... Un projet qui englobe le terrain familial des Hygin : 18 000 m2 hérités en 1969. La famille a accepté d'en céder la majeure partie (15 000 m2) pour 26 euros/m2.
« ON NE PEUT PAS S'ASSEOIR SUR NOTRE HÉRITAGE »
Mais Jean-Louis, le patriarche, refuse de laisser la dernière cellule, sur laquelle il a construit sa maison. « Ça représente toute sa vie » , confie sa fille Murielle. Seulement l'Epag ne l'entend pas de cette oreille, prétextant que la future école ne peut être construite qu'à cet endroit précis.
Plusieurs propositions ont été faites à la famille (notamment la vente de deux parcelles de 600 m2 au tarif de 120 euros/m2), toutes jugées insatisfaisantes et rejetées en bloc.
Aujourd'hui, entre l'aménageur et la famille, les discussions semblent rompues et Jean-Louis Hygin est menacé d'expulsion. « L'Epag nous a expliqué que la procédure était lancée, souffle Murielle. Et qu'il saisira le juge de l'expropriation le 20 septembre. On a atteint un point de non-retour. »
À plusieurs reprises, la jeune femme a affirmé ne pas être opposée au projet de Zac. « On estime avoir apporté notre contribution à la ville de Matoury et au quartier de la Chaumière. Mais on doit trouver une solution gagnant-gagnant. On ne peut pas s'asseoir sur notre héritage. »
La famille Hygin peut compter sur le soutien de plusieurs conseillers municipaux, Jean-Victor Castor et Michel Dubouillé en tête, qui dénoncent unanimement les méthodes « inhumaines » de l'Epag. Le député-maire Gabriel Serville n'a pas souhaité prendre de délibération qui engagerait juridiquement la commune, mais a fait voter une motion à l'ensemble des élus. Celle-ci précise que « le conseil municipal se prononce contre l'expropriation de Jean-Louis Hygin et demande l'arrêt de la procédure. Le conseil municipal demande également à l'Epag de formuler une proposition correcte à la famille. » Suffisant ? « Je ne crois pas qu'une motion fasse peur à l'Epag, qui va attendre que la procédure soit lancée par le préfet » , a insisté Georgina Judick-Pied.
Mais l'édile est resté campé sur ses positions. « Certains disent que je suis trop mou, a-t-il répondu, mais ce n'est pas dans mon tempérament de donner des coups de pied aux fesses. Je préfère introduire de la tempérance et de la sagesse dans notre manière de dire les choses. »
Pour la famille Hygin, le compte-à-rebours a commencé. « Le 20 septembre, c'est demain » , a glissé Murielle Hygin, dépitée
Édition spéciale : Rétro 2025
Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique
- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters