3,5 millions d'euros en plus pour lutter contre l'orpaillage illégal
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Environnement

3,5 millions d'euros en plus pour lutter contre l'orpaillage illégal

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr
Jean-Victor Castor s'habitue aux vestes protocolaires de la fonction de député. Il questionne régulièrement les membres du gouvernement sur la politique menée en Guyane.
Jean-Victor Castor s'habitue aux vestes protocolaires de la fonction de député. Il questionne régulièrement les membres du gouvernement sur la politique menée en Guyane. • ARCHIVES

Le programme 113 de la future loi de finances 2022, en discussion en ce moment au Parlement connaît une hausse significative. Une ligne de 3,5 millions d'euros spécifique à la lutte contre l'orpaillage clandestin y est inscrite.

Dans ces temps d'annonces d'efforts du gouvernement en direction de la Guyane, cette ligne budgétaire est passée inaperçue. Certes, elle n'est pas encore votée mais juste proposée dans le programme 113 de la loi de finances 2022.
Une enveloppe de 3,5 millions d'euros pour la gestion durable des ressources minérales permettra de renforcer les actions de lutte contre l'orpaillage illégal en Guyane et l'élaboration d'une stratégie durable sur les approvisionnements critiques” est-il écrit dans le rapport remis au Sénat à lire ici.

La secrétaire d’État chargée de l'écologie, Bérangère Couillard est venue présentée ce budget 113 à la commission Aménagement du territoire et développement durable de l'Assemblée nationale dans laquelle siège le député matourien Jean-Victor Castor.
Ce dernier lui a donc a posé une question courte : “Depuis plusieurs dix années nos fleuves sont pollués au mercure. Des populations entières sont contaminées. Toutes les opérations militaires menées pour combattre l'orpaillage clandestin sont un échec. Que comptez-vous faire ?"
La lutte contre l'orpaillage illégal et la pollution des eaux est une priorité pour ce territoire et doit l'être pour ce gouvernement. Une réforme du code minier est en cours. Elle favorise la filière légale, contrôlée pour avoir moins d'impact sur l'environnement. On renforce la lutte contre l’utilisation du mercure avec budget en hausse. On regarde ce sujet avec beaucoup d'attention”, assure le membre du gouvernement.
Une manne financière sur la biodiversité à capter
Le budget du programme 113 dont parle la secrétaire d'Etat est réservé aux “Paysages, eau et biodiversité.” Dans la loi de finances 2022, son montant s'élève à 244,3 millions d'euros. Il est en hausse de 7% soit 15,1 millions d'euros. Effectivement, deux lignes budgétaires concernent directement la Guyane. Celle sur l'orpaillage illégal et une autre concernant le trait de côte. Le littoral bouge et la Guyane constitue ni plus ni moins le territoire au monde où ce trait de côte est le plus mouvant.

Deux millions d'euros sont attribués à l'étude du trait de côte. Cette dotation doit permettre la réalisation des cartographies d'évolution du trait de côte, qui s'appuient sur des études et des réunions de concertation”, précise le rapport disponible ici.
L'agence d’urbanisme et de développement de la Guyane (Audeg) vient de publier par exemple une carte du futur d'Awala-Yalimapo en lien avec le mouvement du littoral qui ronge la célèbre plage de l'embouchure du Maroni.

D'autres lignes budgétaires de ce programme concerne la Guyane mais dans une prise en compte globale. 2,3 millions d'euros iront à l'Office national des forêts (ONF), afin de renforcer la politique interministérielle de la forêt au service de la transition écologique via un accroissement conséquent des moyens dédiés aux Missions d'Intérêt Général (MIG) biodiversité. L'année dernière, cette ligne budgétaire avait déjà été renforcée de 7 millions d'euros, toujours afin de financer la MIG Biodiversité gérée par l'ONF.” Il est aussi prévu “5 millions d'euros pour la nouvelle stratégie nationale biodiversité 2030, qui sera élaborée d'ici la fin de l'année et publiée en 2022”.
Nulle doute que la Guyane premier territoire de l'Union européenne en terme de biodiversité captera une partie importante de ces fonds.

3,5 millions d'euros peuvent être perçus comme une goutte d'eau dans le fleuve Maroni mais l'inscription précise dans un programme de la loi de finances constitue une avancée.
Face à ces annonces, nous nous questionnons: une réforme du code pour quand ? Une augmentation budgétaire de combien ? un engagement particulier du ministère sous quelle forme ?”, demande Jean-Victor Castor.
Pour la deuxième question France-Guyane vient de répondre, pour le reste, le travail continue.