Shein : 12 fédérations et 100 marques attaquent le géant de la fast-fashion
Dans une mobilisation sans précédent, douze fédérations professionnelles et une centaine de marques françaises assignent Shein en justice pour concurrence déloyale. Accusé de contourner massivement les réglementations, le géant asiatique fait face à des demandes de réparation.
La mobilisation est historique. Douze fédérations professionnelles, dont l'Alliance du commerce, la Fédération française de la franchise et la FCD (Fédération du commerce et de la distribution), se sont unies à une centaine de marques comme Monoprix, Promod ou la Coopérative U pour porter plainte contre Shein. Cette action collective, déposée devant le tribunal de commerce d'Aix-en-Provence, marque un tournant dans la résistance du commerce français face aux pratiques jugées déloyales du géant de l'ultra fast-fashion.
Les plaignants dénoncent un "système organisé de non-respect des réglementations". Parmi les accusations : produits dangereux ou non conformes, promotions frauduleuses (87 % des rabais seraient truqués selon les contrôles), manquements graves à la protection des données personnelles et pratiques commerciales trompeuses. Autant de violations qui auraient permis à Shein de "réduire illégitimement ses coûts et gagner des parts de marché", selon le communiqué des fédérations.
Des préjudices chiffrés à plusieurs milliards d'euros
L'avocat des plaignants, Cédric Dubucq, évalue le préjudice à "plusieurs centaines de millions voire plusieurs milliards d'euros". La procédure pourrait même conduire à la "fermeture" de la plateforme en France si le tribunal ordonne la "cessation" des comportements illicites. Une perspective qui montre l'ampleur des enjeux pour l'ensemble du secteur du commerce. Dans sa réponse, Shein qualifie la démarche d'"infondée" et y voit "une tentative de boycott déguisée". Le géant assure respecter "le droit français et européen de la concurrence" et estime que cette action "s'écarte de l'esprit du droit" qui doit "protéger l'innovation et assurer le libre choix des consommateurs".
Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce et de l'Artisanat, salue cette mobilisation : "Aujourd'hui, ce n'est plus seulement l'État qui agit, ce sont 12 fédérations et plus d'une centaine de professionnels qui exigent que Shein répare les dégâts". Un soutien qui renforce la légitimité de l'action en justice.
Un signal fort envoyé à l'ensemble du e-commerce
Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, voit dans cette assignation une "première étape" et un message clair : "l'impunité est terminée". Cette action pourrait créer un précédent pour l'ensemble des plateformes de commerce en ligne, réaffirmant la nécessité du respect des règles communes. L'audience de mise en état est prévue pour janvier 2026. Ce dossier, qui promet d'être suivi de près par l'ensemble de la profession, pourrait redéfinir les règles du jeu dans le commerce en ligne et marquer un tournant dans la régulation de l'ultra fast-fashion en Europe.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters