Rentrée solennelle au tribunal judiciaire de Cayenne
Ce lundi, la rentrée solennelle du tribunal judiciaire a vu l’introduction de 15 nouveaux magistrats et 9 nouveaux greffiers. L’audience, dirigée par Mahrez Abassi, président du tribunal judiciaire de Cayenne, a permis l’intronisation des nouveaux membres de la vie judiciaire guyanaise.
C’est par un discours aux allures de mise en garde que sont accueillis les nouveaux fonctionnaires : après avoir précisé sa joie d’avoir pu mettre en place une division chargée de lutter contre le crime organisé, grâce à une augmentation de plus de 50% des effectifs du parquet, le président précise aux nouveaux membres ayant eu le courage de franchir le "Rubicon océanique" que "la seule chose qui ait de la valeur de ce côté de l’Atlantique, le transport logistique de narcotiques" est un des fléaux à combattre.
Les "conditions d’hébergement indignes" de la justice en Guyane ont aussi fait l’objet de récriminations. Répartie sur trois sites, la vie des institutions chargées de droit civil présente des difficultés, dans un contexte de criminalité extraordinaire au niveau national. Il était rappelé dans le discours de présentation que 500 gardes à vue sont réalisées mensuellement au niveau du département, dont un tiers mènent à des déferrements, et que seuls 20 % du contentieux délictuel porte sur la circulation routière (contre 40 % pour la France Hexagonale en 2018).
Le discours du président se conclut sur une note mitigée : si les problèmes d’effectif rencontrés par le passé ne sont plus ce qu’ils étaient, ils survivent. À une époque, "il y a eu le constat amer d’une justice qui se mourrait", paralysée par l’absence de magistrats et de fonctionnaires. Cette situation n’est plus vraie, compensée par les contractuels et la brigade de soutien d’urgence, déployée depuis janvier 2023. Pour autant, le problème d’un "sous-effectif chronique" des services n’a pas encore été résolu.

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