L'ex-épouse de Laurent Castillon placée en détention provisoire
Mise en examen depuis jeudi, après une longue garde à vue, l'ex-épouse de Laurent Castillon est placée en détention provisoire à quelques jours de l'anniversaire de son fils, 16 ans.
C'est dans un calme sidérant que la famille d'Iracelma De Andrade Oliveira, ex-épouse de Laurent Castillon entrepreneur dans la location de voiture, tué, le 20 décembre 2021 au matin, route de Baduel, attend le verdict du juge des libertés et de la détention. Pas un mot ne sort de la salle, la mère de famille soutenue par ses enfants, le père de l'un d'entre eux, une dizaine de personnes se tient droite. On imagine qu'elle ne veut pas craquer devant sa famille pour leur donner de la force comme tout poto-mitan.
Le magistrat Spéry annonce la détention provisoire vers 18 heures après plus de trois heures de débats à huis clos, selon le souhait du Parquet, et de délibéré. Il faudra attendre de longues minutes encore les copies de la décision du juge. Toujours sans un bruit. Un silence lourd de sens : celui d'une dignité inébranlable, celui de la colère, sûrement.
Les menottes qui se referment sur les poignées frêles de cette femme de 44 ans résonnent plus fortement qu'à l'accoutumée dans cette minuscule salle d'audience numéro 3 du palais de justice du Larivot.
"Sois fort, sois patient", réussit à dire la maman, entourée de trois escortes de gendarmerie, à son fils de bientôt 16 ans. Ce sont ces derniers mots.
Iracelma De Andrade Oliveira est mise en examen depuis jeudi pour complicité de meurtre en bande organisée et d’avoir donné des indications permettant l’assassinat de l’ex-patron de Louez moins cher. Ce dernier a été son époux entre 2007 et 2015. Il s'était remarié à Oiapoque, avec une autre femme d'origine brésilienne, quelques jours avant son meurtre.
" L'enquêtrice n'a pas de mobile. Elle en invente un. On évoque deux véhicules volés lors d'une liquidation. Une nouvelle épouse. C'est complètement faux, c'est du flan," persifle Jérôme Gay, à la sortie de la garde à vue de 96 heures, entre dimanche et jeudi. "C'était l'amour de sa vie. Ils s'entendaient comme chien et chat. Un coup, je divorce, un coup non. Là, il rencontre une femme depuis 2 minutes 15 et ma cliente doit se sentir en danger. En danger de quoi ? Elle est la représentante de cette société de location. Elle touche un bon salaire. Laurent Castillon était un homme généreux envers son fils et avec elle. Il n'y a aucun intérêt de le faire disparaître", insiste le conseil.
Pour celui-ci, c'est la rumeur persistante, un témoignage anonyme, qui accuse sa cliente d'être le commanditaire du meurtre.
"La justice se fourvoie toujours quand elle s'appuie sur des dénonciations anonymes," ajoute maître François Gay, qui plaide l'affaire avec son fils.
"On va se battre dès demain pour demander un référé liberté devant la chambre de l'instruction, afin de lever la détention provisoire. Ma cliente est partie civile dans le dossier par rapport à son fils qu'elle a eu avec monsieur Castillon donc elle sait les sottises qu'il y a dans le dossier depuis avril, mais cela ne l'impressionne pas plus que ça. Elle sait qu'elle n'a rien à se reprocher. Et personnellement, je sais à 200 % que si un jour, elle doit se présenter devant les Assises, cela sera pour un acquittement", affirme Jérôme Gay.
En juillet dernier devant la chambre d'instruction, la question du commanditaire était le dernier point à trouver dans l'enquête. Donc l'instruction devrait bientôt être close et un procès dès 2024 probables.
"Rapidement, cela veut dire quoi en termes de justice ? Un an ? Trois mois ? Et ce qu'on ressent comme un scandale dans cette décision, concerne cet adolescent, qui va avoir 16 ans, samedi. On est dans le cadre de la décision la plus grave de justice, la détention et on se contente de soupçons pour la décider. Car on va combattre cette détention provisoire, puis on combattra la mise en examen", assure la robe noire.
Le Parquet ni la police n'ont voulu répondre à nos questions sur l'affaire. "On infirme ni ne confirme vos informations. Nous sommes en commission rogatoire," nous a répondu la commissaire du STPJ.

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