Le procès en appel d'une mère condamnée à 30 ans pour torture sur ses enfants s'ouvre mercredi
L'un des deux enfants avait été retrouvé avec de multiples plaies ouvertes, des brulures et une fracture
Le procès en appel d'Afie Giosa, condamnée à 30 ans de réclusion criminelle pour de multiples "actes de tortures et de barbarie" sur ses deux jeunes enfants, s'ouvre ce 15 octobre.
Son avocate, Me Emmanuelle Paire, avait annoncé vite après la condamnation de sa cliente, il y a un an, qu'elle ferait appel. Cette mère d'une trentaine d'années ne nie pas les violences, mais conteste les qualifications selon lesquelles elle a été condamnée. D'après la définition juridique, la torture ou les actes de barbarie incluent "la volonté de nier dans la victime la dignité de la personne humaine." Or Me Paire expliquait en première instance : "Elle n'avait pas pour but de faire souffrir. Elle n'avait même pas conscience de la douleur que ça allait causer. Quelqu'un qui nie l'humanité d'un enfant ne cherche pas à le soigner. Or, elle a essayé."
30 ans de réclusion criminelle correspondent à la peine maximale prévue pour ce crime. C'était aussi 10 ans de plus que ce qu'avait requis l'avocate générale. Probablement touchés par ces actes commis sur des enfants de quatre ans, les jurés de la cour d'assises avaient été sévères.
Pour rappel, l'un des deux jeunes avait été amené au Chog en janvier 2022 par le beau-père. Les médecins avaient alors découvert un enfant qui présentait de multiples traces de coups sur le corps, des plaies ouvertes, mais aussi des brûlures graves aux doigts, ou encore une fracture au fémur. Les médecins avaient aussi remarqué la maigreur du jeune. Il ne pesait que 8 kilos.
L'enfant a été pris en charge par le service hospitalier, qui a donné l'alerte. Au domicile familial, les services compétents ont retrouvé le jumeau de celui arrivé à l'hôpital plus tôt. Lui aussi était mal en point et présentait des hématomes et des blessures. Afie Giosa et le beau-père ont été arrêtés dans la foulée.
À l'audience, en octobre dernier, Me Lucie Louze-Donzenac, qui représente les parties civiles, parle de la "souffrance des deux enfants" et estime que "rien ne peut justifier un tel drame." D'après l'avocate générale, les faits sont caractérisés au regard de la "souffrance aiguë" et de "l'atteinte à la dignité" de ces enfants. Le ministère public estimait alors : "On ne juge pas un Breton, un Corse, ou un Bushinenge de manière différente parce que leur culture est différente. La protection de l'enfant est une valeur universelle. Et porter atteinte à cela est encore plus grave lorsque ça a été commis par ceux sensés les protégés."
Le procès en appel doit se tenir sur trois jours.
Les enfants concernés par cette affaire sont en famille d'accueil.

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