Huit ans de prison confirmés pour Joël “Bordo” Martinus
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JUSTICE

Huit ans de prison confirmés pour Joël “Bordo” Martinus

Eric gernez, au Suriname
Le tribunal du Mans confirme la peine de huit ans pour “Bordo”
Le tribunal du Mans confirme la peine de huit ans pour “Bordo” • DR

Le tribunal du Mans vient, ce lundi 14 octobre, de confirmer en deuxième examen la condamnation de Joël Martinus, dit « Bordo ». La sentence est de huit ans

Extradé en France par le Brésil, Bordo encourait déjà une peine de huit ans de prison prononcée par contumace. Il avait demandé à être rejugé, arguant de son innocence. Quand il apparaît lors des audiences à Paris et au Mans, ce n’est plus le flamboyant « Money Dog » adulé jadis sur les réseaux sociaux au Suriname et dans certains milieux de Guyane.

Le temps où les rédacteurs de Wikipédia le décrivaient comme homme politique, artiste et propriétaire de club de football est révolu. Les observateurs présents aux procès décrivent l’apparition de Bordo dans les salles d’audience : « Petit, les épaules voûtées, il n’impose aucun trait de caractère de l’extravagant chef de bande qui s’affichait dans le passé. Habillé modestement, il joue le rôle de la victime. Les sanglots ne sont pas loin, alors qu’il clame son innocence. »

Les prétextes de Bordo, assurant qu’il tirait ses revenus de ses talents de chanteur, auront plus agacé que convaincu la cour. Elle a confirmé sa peine. Il faudra désormais afficher en tête de sa biographie : condamné en France à la prison pour trafic de stupéfiants.

Condamnation confirmée

Le procès a repris l’accusation contre Joël Martinus en ces termes : « Détention, transport de stupéfiants, en l'espèce de la cocaïne… L'intéressé apparaît comme l'organisateur, depuis la Guyane, du trafic de stupéfiants... Il existe contre Martinus des charges suffisantes justifiant son renvoi. »

La condamnation est confirmée : ce sera huit ans. L’accusé a encore la faculté de faire appel par l’intermédiaire de son avocat, Maître Robin Binsard. Le trafic de mules qu’il aurait organisé entre Saint-Laurent-du-Maroni et les aéroports d’Orly ou de Roissy était jugé au Mans, mais différentes juridictions françaises s'intéressent à lui. Il pourrait ainsi comparaître à nouveau dans d’autres procès.

Enfin, quand la France en aura fini avec lui et qu’il aura purgé ses peines, le Suriname l’attend. La justice de son pays souhaite le confronter à des accusations de narcotrafic pour lesquelles le cas serait aggravé d’homicide.

 

 

Jeunesses gâchées

Si Bordo, au cours du procès, a surpris, ce n’est pas par son éclatante personnalité. D’aucuns ont remarqué le manque d’intelligence et l’absence de raisonnement construit du personnage. L’argent facile aura été gagné avec de médiocres trafics, les seuls à sa portée pour tenter de s’enrichir.

Son activité nuisible aura détruit deux jeunesses : celle du Maroni, engluée dans les vaines promesses du miroir aux alouettes de la drogue, et l’autre, désœuvrée, de France, qui s’est abandonnée à la consommation de cocaïne.

Au bilan de l’aventure Bordo, il ne faut pas retenir ses huit ans de prison, mais le fardeau de malheur qu’il aura semé sur son chemin.

Les festivités du 31 décembre, Owru Yari, approchent à Paramaribo, avec leurs sonos sur les camions et leurs feux d’artifice. Bordo n’y apparaîtra pas, avec ses chaînes en or autour du cou. Sa gloire éphémère aura été bien vite balayée, et ses chaînes sont désormais de fer.

 

 

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