Prospérité : un « dossier mal ficelé » devant la justice
Les quatre majeurs interpellés lors de la manifestation du 10 mars contre l'emplacement de la future centrale électrique de l'ouest guyanais sont passés en jugement ce jeudi à Saint-Laurent du Maroni. Leur avocat est optimiste avant le délibéré prévu vendredi matin.
8h ce jeudi matin (23.11), devant l'entrée du tribunal de Saint-Laurent du Maroni, Philippe Lamboley, Serge Sabajo, Chloé Moulard et Benoît Hurtrez partagent une cigarette autour de leur avocat, maître Louis Rozenberg. Tous sont accusés par la gendarmerie d'avoir « continuer à manifester après des sommations » lors de la manifestation du 10 mars devant le chantier de la Centrale électrique de l'ouest guyanais (Ceog), Serge Sabajo étant en plus accusé d'avoir porté un coup à un gendarme.
Après un délibéré en visio et l'expédition de deux affaires, place aux quatre accusés et au dossier de 600 pages constitué par le juge d'instruction. Très vite, on comprend que l'affaire risque de se dégonfler au moins en partie : le procureur demande le renvoi, considérant que le tribunal n'est pas saisi et surtout, après le refus du tribunal, approuve les demandes de la défense en nullité des gardes à vue, pour divers retards et manquements dans les contacts entre gendarmerie et procureur après les interpellations.
Plus parlant encore, le juge s'agace ouvertement d'un manque criant : le CD-ROM d'un téraoctet (1000 gigas) qui contient l'ensemble des vidéos prises lors de la manifestation est bien mentionné dans la procédure, mais a disparu des scellés ! Le juge d'un ton courroucé, explique avoir à défaut demandé à la gendarmerie accès aux vidéos de base. Et s'être vu répondre que l'ordinateur qui les abritait était détérioré.
« Cette procédure est extrêmement longue, le dossier est mal ficelé, mes clients ont eu des mesures de GAV réservées à des criminels et sont sous contrôle judiciaire depuis le 10 mars » reprend maître Rozenberg, qui n'en demandait pas tant.
« On est en question de savoir ce que ces quatre personnes font ici » s'exclame l'avocat de la défense avant de demander la relaxe des quatre accusés, rappelant, qu'il y « à minima un doute » sur la réalité des faits et que « le doute doit profiter à l'accusé ». Le procureur, lui, décline de plaider, ce qui est suffisamment rare pour rendre optimiste M. Rozenberg à l'issue de l'audience.
« On a pu être entendus, les failles du dossier ont été bien exposées même par le procureur », commente Chloé Moulard quelques minutes plus tard. Comme ses camarades, elle espère à présent la relaxe... Réponse demain à 8h, toujours au tribunal de Saint-Laurent du Maroni.

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