Les JO-2030, champ de bosses devenu infranchissable pour Edgar Grospiron
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Les JO-2030, champ de bosses devenu infranchissable pour Edgar Grospiron

Edgar Grospiron, qui démissionné du comité d'organisation des JO-2030, le 23 février 2026 à ALbertville
Edgar Grospiron, qui démissionné du comité d'organisation des JO-2030, le 23 février 2026 à ALbertville • ALEX MARTIN

Plombé par une crise de gouvernance, Edgar Grospiron a démissionné jeudi de la tête du comité d'organisation des JO-2030, estimant que "les conditions n'étaient plus réunies" pour lui permettre de mener le projet, à trois ans et demi de la cérémonie d'ouverture.

"Oui, il y a eu des obstacles. Oui, il y a eu des accrochages. Oui, il y a eu des décisions difficiles à prendre", a admis l'ancien champion olympique de ski de bosses sur son profil LinkedIn, tenant à rappeler la "temporalité extrêmement courte" de ces Jeux d'hiver obtenus en juillet 2024 par la France après une candidature express.

Le Comité international olympique (CIO), qui a "pris acte de cette décision de démissionner", a estimé qu'Edgar Grospiron avait accompli "un travail essentiel" et posé "des bases solides".

Le Haut-Savoyard n'était pas présent jeudi après-midi lors de la réunion cruciale sur son avenir qui a réuni les parties prenantes d'Alpes 2030 - l'Etat, les comités olympique et paralympique ainsi que les régions organisatrices Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca).

Réunis en bureau exécutif à Décines-Charpieu, près de Lyon, les principaux acteurs de ces Jeux ont estimé que "sa décision de quitter la présidence s'inscrit dans une transition choisie, organisée et assumée, dans l'intérêt du projet et de sa gouvernance".

"Nous avons d'un commun accord acté cette séparation et nous rentrons dans une phase opérationnelle", a affirmé devant la presse la ministre des Sports Marina Ferrari. "Le dossier est sur de bons rails. Il n'y a aucune inquiétude pour la suite."

Pour Renaud Muselier, président de Paca, le départ d'Edgar Grospiron, "ça n'est pas grave. C'est gênant, ennuyeux, problématique, mais ça se règle. On a un directeur général, on a un budget, on a les Jeux... On avance, même si, c'est vrai, la gouvernance patine un peu", a-t-il déclaré sur BFM Provence. 

"On n'est pas perdus, on n'est pas dans un moment de crise, on est dans un moment qui est une étape dans ce dossier. Notre seul objectif est de délivrer des Jeux en 2030, les conditions sont réunies pour que nous le fassions", a renchéri le président de la région Aura, Fabrice Pannekoucke.

Un an et demi après son arrivée à la tête du Cojop, Edgar Grospiron, 57 ans, a été poussé vers la sortie après avoir perdu la confiance des parties prenantes, usées par une crise de gouvernance sans fin.

En décembre dernier, la démission de la directrice des opérations, Anne Murac, avait marqué le début d'une série noire de départs qui avait culminé avec celui du numéro deux de l'instance, Cyril Linette, annoncé en pleins Jeux d'hiver de Milan Cortina et justifié par des "désaccords insurmontables" avec Edgar Grospiron. 

Organiser l'intérim

Mission d'inspection générale, recommandations d'un ancien de Paris-2024, intérim de l'ex-préfet Michel Cadot puis arrivée du préfet Vincent Roberti comme nouveau directeur général: aucun remède n'aura réussi à remettre la gouvernance sur de bons rails.

Au-delà de tensions en interne, il a dû affronter des luttes d'influence politique et des crispations avec certains acteurs des régions impliquées vivant mal la volonté de certains responsables parisiens de transplanter dans leurs territoires de montagne l'expérience de Paris-2024. 

Sa gestion managériale et sa vision de la gouvernance sont aussi pointées par ses détracteurs qui le décrivent comme "n'en faisant qu'à sa tête" et "n'écoutant rien". 

Un audit sur le climat social a par ailleurs été mené auprès de la centaine de salariés de l'instance ces dernières semaines, et ses conclusions doivent être rendues cette semaine.

Le Cojop a précisé jeudi qu'une assemblée générale extraordinaire se tiendrait lundi afin "d'organiser l'intérim" - qui pourrait être assuré par le directeur général Vincent Roberti - "jusqu’à la désignation prochaine d’une ou d’un nouveau président pour les JO".

"Ça prendra le temps que ça prendra", a commenté Fabrice Pannekoucke, évoquant "quelques semaines sans doute" pour trouver un remplaçant à Edgar Grospiron.

A quelques jours de la visite à Lyon d'une délégation du CIO - qui inspectera de lundi à mercredi les sites qui accueilleront les épreuves de glace -, il a également affirmé qu'"il n'y a pas d'inquiétude sur la dimension de l'incarnation" de ces JO, même si aucun patron du comité d'organisation ne sera  sur la photo de famille.

kd-san/pga/hpa

La ministre française des Sports Marina Ferrari (C) et l'ancien Premier ministre Michel Barnier (D) à leur arrivée à la réunion du comité exécutif consacré à l'organisation des JO-2030 dans les Alpes, le 10 septembre 2026 à Décines-Charpieu
La ministre française des Sports Marina Ferrari (C) et l'ancien Premier ministre Michel Barnier (D) à leur arrivée à la réunion du comité exécutif consacré à l'organisation des JO-2030 dans les Alpes, le 10 septembre 2026 à Décines-Charpieu • Alex MARTIN

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