Taxe sur l'aérien : « Nous serons attentifs aux Outre-mer », affirme Clément Beaune
Le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, qui soutient le projet de taxer le secteur aérien pour financer le développement du ferroviaire pour 2024, s'est penché, hier, lors de l'université d'été du Medef, sur la question des territoires ultramarins où le prix des billets est particulièrement élevé. Le prix du billet, éventuellement alourdi par de nouvelles taxes, sera l'une des variables permettant de favoriser les moyens de transport les moins polluants et de financer la décarbonation du secteur, a estimé le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune. Et de poursuivre : « Si on veut faire à la fois un peu de report modal (vers des modes de transport moins polluants, essentiellement le train, NDLR) et surtout de l'investissement dans la transition écologique, (...) ça passe principalement par le prix. Le prix, c'est en partie la taxe ». Rappelons que ce projet a suscité de vives réactions, surtout dans les territoires ultramarins, où les prix des billets sont chers. « Je veux le faire de manière proportionnée, raisonnable », a rassuré le ministre.
Plus généralement, la régulation des transports - comme l'interdiction des vols courts sur des trajets aussi assurés par le train - doit selon lui être « pertinente et à la bonne échelle ». « Il faut que l'usager paie une partie » des coûts, a-t-il par ailleurs jugé. « C'est vertueux et c'est responsabilisant », a-t-il dit avant d'ajouter : « Le cœur de la bataille, ce sera le progrès technique, l'innovation et l'investissement, public et privé », pour décarboner les modes de transport les plus polluants », a-t-il souligné.
La hausse des taxes « va financer aussi les 300 millions d'euros par an que met dans la filière aéronautique l'État pour financer les carburants durables (et) l'avion vert de demain », a-t-il argumenté.
« Bien sûr qu'il faudra que les prix augmentent », a admis le PDG du groupe ADP, Augustin de Romanet, présent au même débat. Mais « le transport aérien, c'est comme le transport maritime, c'est aussi une activité qui crée des emplois », a-t-il plaidé. « N'oublions pas que le tourisme, c'est 10% du PIB en France, et si nous n'avons pas d'avions, nous n'avons pas de touristes », a-t-il lancé.
« Dans le dispositif que nous mettons au point pour financer la transition écologique, nous serons attentifs aux Outre-mer », a précisé M. Beaune au média Outre-mer La 1ère, en marge des rencontres du Medef. « On verra le dispositif exact. Il peut y avoir une compensation, mais le résultat (...) c'est de préserver le pouvoir d'achat, de ne pas faire peser davantage sur le pouvoir d'achat des ultramarins les questions de billets d'avion », a-t-il ajouté.

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