Une marche en mémoire de Carlos Batista Da Silva a réuni plus de 100 personnes, hier à la Mâtine (TF)
Plus de cent personnes ont marché silencieusement hier matin dans les quartiers de la Mâtine et du village chinois, à Cayenne, afin de réclamer « vérité et justice » pour Gerlan Carlos Batista Da Silva, tué par des policiers dans la nuit du 15 au 16 décembre.
Calme et dignité. Tels semblaient être les mots d'ordre de la marche organisée hier matin, dès 9 heures, dans les quartiers de la Mâtine et du village chinois, à Cayenne. Une manifestation silencieuse voulue par la famille et les proches de Gerlan Carlos Batista Da Silva, un homme de 32 ans tué de cinq coups de feu tirés par des policiers dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 décembre, piste Tarzan. La marche, à laquelle plus de cent personnes ont pris part, avait plusieurs objectifs dont le principal était de réclamer « vérité et justice » pour Gerlan Carlos Batista Da Silva dont les obsèques ont eu lieu samedi.
Peu avant 9 heures, c'est sous une pluie battante que les participants à la marche se réunissent à l'entrée de la Mâtine. Une petite tonnelle leur permet de s'abriter des déferlantes qui, par chance, ne tardent pas à s'interrompre. Helan Loredo Da Silva, le frère de Gerlan, est à l'origine du rassemblement. Une casquette vissée sur la tête, il accueille les marcheurs. Tout le monde semble se connaître. La famille, les amis, les proches, les voisins, adultes et enfants ont revêtu un tee-shirt à l'effigie de Carlos Batista Da Silva.
UNE MARCHE DANS L'ÉMOTION, SANS PROVOCATION
« Nous voulons que les gens voient que l'on a besoin de connaître la vérité, déclare Helan Loredo Da Silva. Ce sont les juges et le procureur qui la détiennent. Nous sommes là pour montrer que c'était quelqu'un de bien (son frère). C'est un Guyanais, quelqu'un de la terre. » Sciemment, il a choisi de ne marcher que dans le quartier. « On ne va pas jouer la provoc'en passant devant le commissariat ou le tribunal, ce n'est pas le but » , assure-t-il.
Encadré par des membres de l'association des Frères de la Krik, le cortège traverse donc les rues en silence. Une ou deux chansons sont entonnées, mais très brièvement. Les habitants observent ce défilé sans voix depuis leur fenêtre. « Notre cousin était un gars cool qui n'aimait pas le bordel, glisse Alexandre. C'est bien qu'il y ait autant de monde, parce qu'on a tous grandi ensemble. On ne peut pas tuer quelqu'un comme ça. »
Certains marcheurs se laissent parfois gagner par leur émotion. Notamment lorsque le cortège s'arrête devant la maison de la mère du défunt. La marche s'achève vers 10 h 30, à son point de départ. « On va se reposer, prendre des forces et continuer » , a conclu Helan Loredo Da Silva.
Pour l'heure, l'enquête sur les circonstances de la mort de Carlos Batista Da Silva est en cours. Les deux policières qui ont fait feu sont au repos et ne font pas, pour le moment, l'objet de poursuites.
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