Des médecins du Samu de Guyane, à la descente de leur hélicoptère. Vendredi, ils ont dû gérer quatre sorties héliportées. Une fillette, qui les a attendus toute la journée à Papaïchton, est décédée (photo d'archives)
Abimaëlle, 5 ans, attendait des secours depuis le matin au centre de santé. Ce jour-là, le Samu a dû gérer quatre interventions avec son hélicoptère.
Une petite fille de 5 ans est décédée, vendredi après-midi, à Papaïchton. Abimaëlle attendait depuis le matin, au dispensaire, son évacuation par l'hélicoptère du Samu vers le centre hospitalier de Cayenne. L'hélicoptère n'est arrivé que vers 17 heures. Il venait de Maripasoula, où il avait pris en charge, en urgence, un autre malade.
La famille de l'enfant et les habitants de la commune, soit une centaine de personnes, ont manifesté leur mécontentement face à la lenteur des secours. Ils ont bloqué l'hélicoptère du Samu jusqu'à 19 h 30. « Si l'hélicoptère était arrivé plus tôt, la fille aurait pu s'en sortir, estime Alain, un habitant de Papaïchton. J'étais au dispensaire vers 15 h 30 ou 16 heures. Elle était encore en vie. Je suis allé la voir. Elle bougeait. Si l'hélicoptère était arrivé à midi ou 13 heures, elle aurait pu s'en sortir. » La colère des habitants est montée d'un cran quand ils ont appris que le malade de Maripasoula serait garimpeiro, ce que nous n'avons pas pu vérifier. « Ça a mis les gens hors d'eux. On se dit qu'ils nous pillent et qu'ils sont servis les premiers. »
Au niveau du Samu, qui doit gérer les évacuations en fonction de l'urgence signalée, il semblerait que, ce vendredi, plusieurs appels étaient à gérer en même temps. Le matin, l'hélicoptère a pris en charge deux évacuations à Saint-Laurent et Grand-Santi. L'appel de Papaïchton serait arrivé durant cette première rotation. Deux autres urgences ont dû être gérées - une à Maripasoula et celle de Papaïchton. L'hélicoptère s'est d'abord rendu de Cayenne à Maripasoula, puis a rejoint Papaïchton d'où il devait ramener les deux malades à Cayenne.
L'état de l'enfant se serait dégradé durant l'attente de l'hélicoptère. Après son décès, les parents d'Abimaëlle ont déposé une plainte à la gendarmerie. Une autopsie a été envisagée. Les parents l'ont refusée afin de pouvoir procéder au plus vite à l'inhuma tion de leur enfant. Abimaëlle a été enterrée samedi.
Silence politique
L'enterrement d'Abimaëlle s'est déroulé samedi, veille du second tour des municipales. Lors de leurs meetings, les deux candidats, Richard Lobi et Jules Deie, ont fait respecter une minute de silence. Ils n'ont en revanche pas évoqué ce décès dans leurs discours.
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