Le tribunal a accordé des indemnités record à un blessé de la route, dix ans après les faits (photo d'archives)
Un enfant de 6 ans avait été percuté par une voiture en 2003. Le tribunal a condamné l'assurance du conducteur à verser d'importantes réparations, dix ans après le drame.
Le petit Saint-Laurentais a 16 ans aujourd'hui. Jamais plus il ne marchera. Jamais plus il ne courra. Invalide à 90%, jamais plus il n'aura de vie normale.
Il était 16 h 30, le 2 octobre 2003. C'était il y a dix ans. L'enfant, qui avait alors 6 ans, traverse l'avenue Christophe-Colomb à Saint-Laurent. Il est le dernier d'un groupe de quatre à six enfants, selon les témoignages.
Derrière le volant de sa Twingo, le conducteur voit surgir au dernier moment les enfants qui étaient cachés par les hautes herbes. Il freine. Sa Twingo fauche le dernier du groupe. Il est projeté sur le bas-côté. « J'ai constaté que sa jambe gauche présentait une fracture, ainsi que sa clavicule gauche. J'ai également remarqué qu'il y avait un petit trou sur son crâne, côté gauche » , a expliqué le conducteur aux gendarmes. L'enfant était sans connaissance au moment où les secours sont arrivés.
Le conducteur n'ayant commis aucune faute, le dossier ne relevait plus du pénal mais du civil. Qui allait indemniser un enfant rendu invalide à 90% et qui « a besoin d'une aide active et spécialisée à domicile de quatre heures par jour et d'une présence constante à ses côtés » , explique la justice ? Il faut dire que peu après l'accident, un médecin énumérait les blessures : fracture complète de la rate, hémorragie intracrânienne, fractures de la clavicule, du fémur et d'une côte et paralysie des membres.
Le tribunal a condamné la compagnie d'assurance du conducteur à verser un peu plus de trois millions d'euros à l'enfant. Une juge des tutelles veille au bon usage de cet argent. Cette décision a été rendue en février dernier, soit presque dix ans après le drame. La compagnie d'assurance a laissé traîner l'affaire pendant de nombreuses années, proposant de verser des montants moindres.
Le montant de l'indemnité est le plus important jamais prononcé par un tribunal en Guyane. L'avocat de l'enfant, Me Cyril Chelle, ne s'en réjouit pas. « J'aurais préféré que l'enfant conserve l'usage de ses bras et jambes plutôt qu'on lui verse trois millions d'euros. »
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