Trafic : il vendait les mygales de Guyane 2 000 euros pièce!
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LORRAINE

Trafic : il vendait les mygales de Guyane 2 000 euros pièce!

Jean-Marc KROMWEL
La Theraphosa leblondi est une des espèces de mygales de Guyane retrouvées au domicile de l'ancien coiffeur (DR)
La Theraphosa leblondi est une des espèces de mygales de Guyane retrouvées au domicile de l'ancien coiffeur (DR)

Un homme d'une cinquantaine d'années, originaire de Moselle, dans l'est de la France, a été arrêté en possession de 140 mygales et d'une dizaine de scorpions vivants. Les araignées venaient notamment de Guyane.

L'affaire, sortie par le quotidien lorrain L'Est Républicain, date de quelques jours déjà. Mais elle mérite qu'on y revienne tant elle est révélatrice des menaces qui pèsent sur l'écosystème amazonien. Un quinquagénaire français a été interpellé le 17 avril à son domicile d'Amnéville, en Moselle, à 20 km de Metz. Il stockait chez lui 14 0 mygales et une dizaine de scorpions, tous vivants. Les policiers ont également retrouvé 2 à 3 000 mygales mortes sur des présentoirs.
Tous ces animaux, les vivants et les morts, étaient destinés prioritairement au marché allemand. Sarrebruck, en Allemagne, n'est en effet qu'à 85 km d'Amnéville. On y trouve de grands amateurs d'insectes tropicaux, notamment d'Amazonie. Il existe d'ailleurs chez eux, ainsi qu'en France, en Belgique et aux Pays-Bas, des bourses aux insectes lors desquelles ces espèces peuvent se vendre à prix d'or.
Plusieurs dizaines de ces mygales et peut-être même certains scorpions sont issus de la forêt guyanaise. Le quinquagénaire, un ancien coiffeur, spécialiste reconnu en entomologie (l'étude des insectes), les a ramenés lors de différents séjours ici, au Brésil et au Mexique. Déjà fiché par les services douaniers, il espérait vendre les mygalons (des mygales jeunes) 2 000 euros pièce! Soit un pactole potentiel de 280 000 euros. Quant aux présentoirs sur lesquels les mygales mortes ont été trouvées, ils devaient être vendus de 800 à 1 000 euros chacun.
C'est une des plus grosses saisies d'insectes vivants opérées par les douanes françaises. L'homme - qui vivait du RSA - sera poursuivi notamment pour « non-respect d'espèces protégées par la convention de Washington » . Le parquet de Metz a décidé de geler les avoirs financiers du trafiquant présumé. Il risque la prison et une très forte amende.
Un transport sans risque
Le paradoxe de cette affaire, c'est que la capture et le transport de ces insectes ne sont pas interdits en Guyane. « Il est facile de leur faire passer la douane, explique Jean-Michel Martin, docteur en biologie et professeur de sciences de la vie et de la terre en Guyane. Ils les enveloppent dans du papier essuie-tout et les mettent dans de petits récipients. Ils ne sont pas repérables aux rayons X » .
Plus grave, ces trafiquants ne risquent rien s'ils sont pris. Car « il n'existe aucune restriction sur le transport des arthropodes (invertébrés aux « pieds articulés » , ndlr) et les douaniers ne peuvent pas les arrêter, poursuit Jean-Michel Martin. Seules les compagnies aériennes interdisent ce transport sur leurs avions » .
Les mygales de Guyane, souvent des Theraphosa leblondi (photo) sont prisées par les amateurs. « Ce sont des cyriocosmus, précise le docteur en biologie, des insectes d'Amérique du Sud qui vivent dans des lieux chauds et humides. Elles sont très recherchées parce qu'elles peuvent être de plusieurs formes différentes. Et certaines sont très rares » .

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