Sea Shepherd en Guyane contre la pêche illégale : «Patrouiller et récupérer un maximum de filets»
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Sea Shepherd en Guyane contre la pêche illégale : "Patrouiller et récupérer un maximum de filets"

Propos recueillis par Gaëtan TRINGHAM
La bateau de Sea Shepherd arrivé au large de la Guyane
La bateau de Sea Shepherd arrivé au large de la Guyane • SEA SHEPHERD

Sea Shepherd a commencé, il y a quelques jours, une campagne de lutte contre la pêche illégale en Guyane. Lamya Essemlali, la présidente de la branche française de l'ONG, répond à nos questions sur les modes d'action prévus

Vous êtes arrivés en Guyane pour lutter contre la pêche illégale. Quelles actions sont prévues  ?

C'est d'abord de la présence dissuasive. C'est patrouiller aux frontières et récupérer un maximum de filets et d'engins de pêche illégaux. C'est aussi partager l'information de la présence des embarcations qu'on croise et en même temps de la faune locale. On échange avec les acteurs locaux, on veut étoffer les données.

Quels sont vos moyens ? 

Ils vont évoluer dans le temps. On est arrivés avec une vingtaine de personnes et le gros bateau qui commence ses patrouilles. Il n'est pas le plus adapté pour la côte. On arrive quand même à retirer des filets. L'avantage de ce navire, c'est qu'il permet d'aller voir un petit peu plus au large ce qui se passe, là où il y a moins de surveillance.

A terme, on va mobiliser des bateaux plus petits. C'est une campagne dans laquelle on veut s'investir dans la durée pour obtenir des résultats probants. 

Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France
Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France • Sea Shepherd

Les Guyanais ont tendance à penser qu'une telle pression de pêche illégale ne serait pas tolérée en hexagone...

Ce serait impossible, c'est impensable. Ce serait le branle-bas de combat. Jamais la France ne laisserait faire.

On s'interroge sur ce deux-poids-deux-mesures, parce que le territoire guyanais est un territoire français, et donc il y a une souveraineté à faire respecter. On voit un laxisme ou un manque de moyens déployés, qui aboutit à une situation qui ne serait pas possible en hexagone. On ne voit pas pourquoi la Guyane est laissée comme ça.

On a appris aussi qu'il n'y avait pas de patrouille les week-ends et pas de patrouille la nuit. Donc, il y a une explosion des activités de pêche illégale à ces moments.

Vous comptez y remédier ?

C'est dans notre modus operandi. Le week-end est une notion très abstraite.

Je précise qu'hormis quelques postes clés comme capitaine ou chef mécano, la majorité de nos équipes sont bénévoles. 

Sea Shepherd est connue pour ses actions militantes. La violence est-elle parfois nécessaire pour aller au bout des objectifs ? Est-elle envisagée dans vos modes d'action en Guyane ?

On ne part pas à la castagne pour le plaisir d'aller à la castagne. Cela dépend surtout des réactions en face. On n'est pas agressifs de base. Par contre, on est interventionnistes. 

Comment se sont déroulées les premières interventions ?

On vient de commencer. On a fait les premières patrouilles. Et pour l'instant, à chaque fois, les bateaux prennent la fuite. On verra si ça va évoluer. On est préparés à l'éventualité des réactions violentes. Ce qu'on veut, c'est saisir les engins de pêche illégaux et dissuader leur entrée sur le territoire guyanais.

L'action de l'État en mer en Guyane se casse les dents par manque de moyens et face au nombre de tapouilles ennemies. Vous n'avez pas l'impression de vous attaquer à une montagne ? 

C'est ce qui justifie notre intervention et que l'on inscrive cette campagne sur la durée. Pour obtenir des résultats, des efforts de longue haleine sont nécessaires.

L'enjeu et le niveau d'urgence de la situation n'est pas quelque chose de décourageant. Au contraire, c'est quelque chose qui motive encore plus l'intervention. On ne va pas accomplir des miracles en une nuit. Mais on peut quand même aider à faire bouger les lignes en travaillant avec tout le monde. Et puis en alertant aussi l'opinion publique en hexagone. Elle est déconnectée de ce qui se passe en Guyane. D'expérience, ce qui permet aussi de faire bouger l'État, c'est la pression de l'opinion publique et ça, c'est quelque chose qu'on sait faire.

 

La bateau de Sea Shepherd arrivé au large de la Guyane
La bateau de Sea Shepherd arrivé au large de la Guyane • Sea Shepherd

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