Saisie record d'or illégal à Boa Vista : 103 kg retrouvés dans une voiture
La Police fédérale routière a saisi 103 kilogrammes de lingots d'or lors de l'inspection d'un pick-up sur une route à la périphérie de Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima, dans le nord du Brésil.
Ce lundi, la police fédérale routière de l'Etat du Roraima a réalisé une saisie record de 103 kg d'or issu du marché parallèle.
Valeur de 11 millions de dollars US
Dans la vidéo qui filme la fouille du véhicule, on peut voir l'or dissimulé dans toutes les parties du pick-up. La saisie est évaluée à plus de 11 millions de dollars américains aux prix actuels du marché. C'est un homme de 30 ans qui conduisait la voiture qui a été arrêté. Sa femme et leur bébé de 9 mois étaient également dans l'automobile au moment du contrôle. Les policiers ont eu des soupçons après avoir remarqué des incohérences dans les documents du conducteur. Ils ont alors décidé de procéder à une fouille plus approfondie, ce qui a mené à la découverte des lingots d'or. Ces lingots avaient une facture très artisanale, fondus de manière hétéroclite, d'une livre à plusieurs kilos. L'or saisi a été remis à la police fédérale pour une enquête plus approfondie. La camionnette n'était pas immatriculée au nom du conducteur.
Liens soupçonnés avec le crime transnational
Les enquêteurs soupçonnent que l'or pourrait avoir été destiné au Venezuela ou au Guyana, qui partagent tous deux des frontières avec l'État de Roraima.
Dans ces deux pays, les activités liées à l'orpaillage illégal sont l'objet de l'attention des services internationaux de lutte contre le crime organisé. Au-delà de l'aspect lucratif de l'orpaillage, la valeur élevée de l'or et son caractère anonyme le rendent attrayant pour le blanchiment d'argent illégal. Les circuits criminels transnationaux l'ont bien compris. Cette situation conduit à l'observation d'une mutation du monde de l'orpaillage, d'une activité artisanale indépendante, vers une branche du crime organisé qui l'infiltre et tente d'en prendre le contrôle. L'illustration, en Guyane, est patente, avec l'arrivée des gangs brésiliens qui tentent de s'implanter sur les sites d'orpaillage.
La Guyane est également concernée par ces circuits, où, orpaillage, trafics variés et blanchiment, peuvent cohabiter. Le sujet de la contrebande de l'or est d'une actualité très présente sur le Maroni. Les activités d'orpaillage illégal, conduites sur le versant français de son bassin, sont possibles par le cadre international permissif qui autorise les transports logistiques sur le fleuve frontière. Vers l'amont, c'est le carburant, le mercure et les vivres qui alimentent l'activité. En sens retour, ce sont environ 5 à 10 tonnes d'or par an qui suivent le chemin de Paramaribo pour arriver sur le complexe marché de l'or surinamais.

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