En Martinique, où l'opération devait se terminer le 31 mars, les autorités ont décidé de la prolonger de quinze jours (DR & FAM)
Le préfet a annoncé son intention de lancer une opération « Déposez les armes » . Les modalités ne sont pas encore connues, mais des exemples existent, notamment aux Antilles.
Vendredi, 200 enseignants et collégiens marchaient à Cayenne contre les violences scolaires après qu'un enseignant a reçu une balle dans la tête au collège Kapel. Le même jour, le préfet annonçait son intention de lancer une opération « Déposez les armes » . Ce type d'opération vise à récolter les armes à feu en libre circulation par des dépôts volontaires. En échange, les personnes concernées ne se verraient infliger « aucune sanction administrative ou judiciaire » . L'objectif, on l'a compris, est de diminuer le nombre d'armes à feu en circulation. Les services de l'État n'ont pas encore défini les dates et modalités exactes de l'opération mais celle-ci a déjà été menée ailleurs, notamment aux Antilles.
ENTRE PEUR DU GENDARME ET PRISE DE CONSCIENCE
En Guadeloupe comme en Martinique, le principe retenu est simple : sur la base du volontariat, les possesseurs d'armes non déclarées étaient invités à les déposer dans les hôtels de police et les brigades de gendarmerie. En Guadeloupe, le bilan a été plutôt mitigé tandis qu'en Martinique, les services de l'État ont trouvé les résultats « encourageants » . L'opération lancée en début d'année a même été prolongée de quinze jours (lire ci-contre). Ces deux exemples montrent qu'il est difficile de présager du succès d'une telle opération.
Chez nous, toutefois, certains éléments sont à prendre en considération, comme le fait que de nombreuses armes illégalement détenues le sont par des personnes elles-mêmes en situation irrégulière sur le territoire. On peut facilement imaginer que celles-ci ne se rendent pas volontairement au commissariat ou à la gendarmerie, même pour y déposer une arme vétusté. De nombreux chasseurs possèdent également une arme non déclarée qu'ils ne remettraient vraisemblablement pas aux autorités.
Enfin, la géographie guyanaise peut aussi être un frein. En effet, il est peu probable que ce type d'opération fonctionne dans des communes où les forces de l'ordre sont absentes. Cependant, comme l'expérience l'a montré ailleurs, une information suffisante et une absence de sanction peuvent provoquer une prise de conscience. En Martinique, on a ainsi vu des pères de famille déposer des armes qu'ils conservaient chez eux pour éviter qu'elles ne tombent entre les mains de leurs enfants. En Guyane, selon un sondage réalisé sur franceguyane.fr l'an dernier, 51% des internautes estimaient qu'une telle opération « ferait baisser le nombre d'armes illégales en circulation » .
En deux mois, cinq fois plus d'armes récoltées en Martinique qu'en Guadeloupe
En Guadeloupe, la préfecture a mené l'opération « Déposez les armes » une première fois en février et mars 2013. Seules 89 armes et 459 munitions avaient alors été récupérées. Face à des chiffres très inquiétants en matière d'insécurité, l'opération avait été relancée en fin d'année pour deux mois supplémentaires.
En Martinique, les résultats ont de suite été plus encourageants, opération y a été lancée le 1er février dernier. Elle devait se terminer le 31 mais mais, face au succès rencontré, elle se poursuit jusqu'au 14 avril. Au 31 mars, 470 armes et plus de 20 000 munitions avaient déjà été récoltées.
On sait qu'une majorité des armes déposées sont des armes d'épaule. On ne connaît pas, en revanche, l'état de fonctionnement de ces armes. Par ailleurs, il est impossible, par définition, de savoir combien d'armes non-déclarées sont encore en circulation.
Les catégories
Le législateur a réparti les armes en quatre catégories :
A. Armes de guerre
B. Armes de poing, fusils à pompe et armes à canon scié
C. Armes d'épaule semi-automatiques
D. Armes de chasse à un coup (D1) et armes blanches (D2)
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