Selon le site MetropoleHaïti.com, les immigrés résidant en Guyane se plaignent de ne pas être respectés par l'État français. Explications
« La communauté étrangère en Guyane n'est plus une bande de moutons mais des personnes dignes de respect, des êtres humains à part entière, qui sont derrière chaque bâtiment conçu, chaque mur debout, chaque gazon bien taillé, chaque famille binationale et tout autre aspect de la Guyane » . Cette diatribe figure dans un manifeste publié samedi dernier à Cayenne. À l'origine, une association d'immigrés de Guyane, composée notamment de membres de la communauté haïtienne.
L'initiative a été relayée en Haïti par Radio Métropole et sur le site MetropoleHarti.com. Elle vise à dénoncer une série de faits ou de circonstances défavorables aux immigrés ces dernières années. Au banc des accusés, des représentants de l'État français, mais aussi la Guyane elle-même.
CORRUPTION RAMPANTE
Dans ce manifeste, les signataires regrettent « la corruption rampante sur la gestion des dossiers des migrants » , l'amalgame fait avec les individus fréquentant « les sites d'orpaillage clandestin » , « la diffusion d'informations erronées voire fausses fournies aux sans papiers par les autorités » . Ils soulignent que « ces informations sont souvent contraires à celles proposées par les juristes et associations de soutien aux immigrés » . Ils estiment que ces recommandations contredisent « les jurisprudences de référence suite aux recours devant les tribunaux, contraires aussi au code d'accueil des étrangers en France, (et) la déclaration universelle des droits de l'homme »
SIGNATURE FORCÉE
Les immigrés se plaignent aussi d'être obligés de « circuler avec des récépissés périmés avant la délivrance d'un titre de séjour même s'il y a avis favorable de la préfecture » . Ils dénoncent par ailleurs des manipulations consistant par exemple à « forcer des personnes qui ne savent pas lire ou écrire en français à signer des obligations à quitter le territoire » .
Le communiqué s'achève par un cri du coeur. « Nous ne sommes plus dans une colonie, ni [...] pour servir d'esclaves aux ?XXIe siècle » .
En conséquence, ces immigrés demandent « l'application ferme et l'exécution de la loi française, ainsi qu'un engagement ferme de l'État, des médias et des forces de l'ordre contre l'exploitation de la fragilité du citoyen immigré » .
Selon le Consul d'Haïti en Guyane, la communauté haïtienne en Guyane représenterait environ 50 000 personnes. Il y a trois mois, cette diaspora célébrait le 50e anniversaire de son arrivée ici. Cette immigration en provenance de Jacmel, Fonds-des-Nègres, des Cayes, de Miragoane a en effet débuté en 1963, après le passage meurtrier du cyclone Flora sur l'île d'Hispaniola partagée entre la République dominicaine et Haïti.
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