Jean-Victor Castor : «un risque réel d'escalade» à Camopi
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Jean-Victor Castor : "un risque réel d'escalade" à Camopi

Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr
Jean-Victor Castor dans sa permanence, places des Palmistes à Cayenne. Le député interpelle le gouvernement contre son inaction alors que la tension monte à Camopi. Comme le député le répète souvent : "La nature a horreur du vide." Et des proches de Siméon Monnerville sont à deux doigts de former une milice contre l'orpaillage illégal.
Jean-Victor Castor dans sa permanence, places des Palmistes à Cayenne. Le député interpelle le gouvernement contre son inaction alors que la tension monte à Camopi. Comme le député le répète souvent : "La nature a horreur du vide." Et des proches de Siméon Monnerville sont à deux doigts de former une milice contre l'orpaillage illégal. • RR

Des groupes organisés, évoquant la présence de cartels brésiliens, semblent avoir investi la zone, notamment à Vila Brasil

Jean-Victor Castor, le député a écrit au Premier ministre Sébastien Lecornu sur la situation à Camopi, dimanche 26 avril.

"Des groupes organisés, évoquant la présence de cartels brésiliens, semblent avoir investi la zone, notamment à Vila Brasil. Ces derniers circulent désormais ouvertement sur la rivière Camopi, en pleine journée, avec des embarcations puissantes transportant carburant et marchandises destinés à alimenter les chantiers clandestins.

[...] Les habitants, livrés à eux-mêmes, ont tenté de mettre en place des dispositifs pour limiter ces passages, notamment en installant un barrage sur la rivière. Ces initiatives ont été immédiatement levées par les forces de l'ordre, empêchant de fait la population de se protéger face à ces activités illégales.

[...] Nous sommes aujourd'hui face à un risque réel d'escalade. Il est impératif d'intervenir avant qu'un drame ne survienne. "

Siméon Monnerville, jeune chef Téko de Camopi avait annoncé cette escalade lors du procès contre l'État devant le tribunal administratif au sujet de la pollution au mercure des cours d'eau, jeudi dernier. 

" On est en train de se décider si on va prendre les armes ou pas. Ça chauffe en ce moment. S'il le faut, on prendra des sabres, des fusils et des arcs pour aller bloquer le barrage et faire le travail nous-même ", avait-il prévenu, au micro de Guyane la Première. 

Une milice contre le manque d'action ?

L'État qui se dédouane de toute carence dans la lutte contre l'orpaillage illégal n'a pas réagi. Alors  les soutiens du chef coutumier ont agi. 

"Souvent, quand on chasse, on tombe sur des sites or paillés. On n'a plus d'endroits où aller chasser ou pêcher, on est pourtant dans une Sduc", décrit-il.

"Face à cette situation, l'État faillit dans sa mission de protection. Cette situation crée une incompréhension profonde et accentue le sentiment d'abandon", reprend Jean-Victor castor dans sa lettre ouverte.

Il demande à Matignon "d'agir en urgence, de renforcer les moyens sur le terrain et de prendre des mesures concrètes pour sécuriser durablement la zone et protéger la population. Il est impératif d'intervenir avant qu'un drame ne survienne."

Il y a dix ans quasiment jour pour jour des tirs étaient échangés entre des habitants de Camopi et des garimpeiros.

Image d'archives. Les Amérindiens Tekos de Camopi se dirigent vers la place centrale du bourg, en nombre, pour assister à la cérémonie en l'honneur de leur chef coutumier Guy Barcarel, mort en 2023 alors qu'il luttait contre l'orpaillage illégal.
Image d'archives. Les Amérindiens Tekos de Camopi se dirigent vers la place centrale du bourg, en nombre, pour assister à la cérémonie en l'honneur de leur chef coutumier Guy Barcarel, mort en 2023 alors qu'il luttait contre l'orpaillage illégal. • GT

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