« Mettre un coup de poing sur la table »
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« Mettre un coup de poing sur la table »

T.F.
Gabriel Serville à la rencontre de ses administrés, hier matin sur le marché de Matoury (TF)
Gabriel Serville à la rencontre de ses administrés, hier matin sur le marché de Matoury (TF)

Le député maire de Matoury Gabriel Serville entend réagir au plus vite pour endiguer la vague de violence qui touche sa commune.

Dimanche, jour de marché à Matoury. Habituellement, c'est discrètement et en solitaire que Gabriel Serville arpente les allées qui séparent les étals des commerçants. Mais hier, le député maire a choisi de s'afficher et de provoquer des rencontres avec ses administrés. Une permanence improvisée dont le but était de répondre aux nombreuses questions des habitants. Particulièrement à la suite des actes de violences criminelles enregistrés ces dernières semaines.
Entouré de son équipe municipale, le député a donc accueilli chaque passant qui a souhaité le rencontrer. En tête à tête, sans intermédiaire superflu. « Il fallait que l'on entende les gens, a martelé l'édile. Leur donner des réponses quand on en a, les recontacter si ce n'est pas le cas. » De nombreux thèmes ont été abordés. Mais le sujet présent sur toutes les lèvres est celui de la sécurité.
Sur ce point, Gabriel Serville s'est efforcé d'apporter des réponses claires et immédiates. En annonçant notamment sa volonté de renforcer les effectifs de la police municipale. « Il n'est pas normal que nous n'ayons que douze policiers pour 32 000 habitants, a-t-il déclaré. Nous allons aussi alerter l'Etat pour disposer de crédits supplémentaires pour renforcer l'éclairage public dans certaines zones. Mais aussi pour la vidéosurveillance. » Le dispositif actuel étant, selon le maire, insuffisant et installé de manière peu judicieuse.
LES CAMÉRAS DÉPLACÉES
« On a réalisé que les caméras se trouvent dans des endroits peu criminogènes, affirme-t-il. Donc nous allons les déplacer. » De plus, Gabriel Serville annonce la signature, dès lundi prochain, d'un partenariat entre la police municipale et la gendarmerie. « Pour améliorer et renforcer les interventions » , précise-t-il. Des mesures qui devront s'appuyer sur des avancées législatives.
Le député a donc l'intention de s'entretenir avec le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. « Nous devons renforcer notre arsenal législatif contre le port d'arme à feu en Guyane, indique le parlementaire. Ça devient dangereux et nous devons mettre un coup de poing sur la table. »
A titre personnel, le citoyen Serville confie son « sentiment d'exaspération et de colère » vis-à-vis des récents actes de violence.
3 QUESTIONS À... Christian Cécile, anthropologue, sociologue, maître de conférence à l'Université de Guyane : « Les faits de violence se banalisent »
Comment analysez-vous les faits de violence commis ces derniers jours à Balata et à Montabo ?
Les changements sociaux et culturels, la situation du travail, l'échec scolaire... Tout cela fait que les faits de violence se banalisent. A Montabo, deux jeunes règlent un contentieux au pistolet, en plein jour, d'une manière presque ludique! C'est là qu'il y a un changement vraiment marqué. C'est une mutation générale. Il y a de plus en plus une concentration de population. Certains s'en sortent, pas d'autres. Cela crée des situations compliquées. En sociologie, on dit qu'il faut absolument changer le contexte. Il faut trouver le moyen de permettre à tout un chacun d'avoir sa place, sinon on peut craindre que le phénomène ne continue de progresser.
Que pensez-vous de l'idée des brigades éco-citoyennes que Gabriel Serville veut créer à Balata ?
Le principe des grands frères existe depuis longtemps en Europe, notamment dans les banlieues. Cela peut fonctionner si les grands frères sont reconnus par les plus jeunes. C'est indispensable pour installer une relation constructive et éducative. Le grand frère peut jouer le rôle de médiateur, car la médiation d'un adulte est souvent ce qui manque dans les conflits entre jeunes.
Comment choisir ces grands frères ?
C'est un élément important. Le grand frère est celui qui éduque avec des valeurs positives. Il peut être formé et qualifié pour ce travail. Mais il peut aussi ne pas du tout être qualifié et avoir un charisme et surtout une expérience de vie qui peuvent faire l'affaire, qui le placent comme un modèle. Que la personne soit formée ou pas, il faut qu'elle ne soit pas trop autoritaire, elle doit être dans une logique d'éducation.
Propos recueillis par A.S.-M.
Vidéo et renforts
Parmi les mesures envisagées par la mairie et qui concernent plus particulièrement le lycée de Balata :
- Deux policiers municipaux supplémentaires. Il s'agirait de deux postes déjà budgétés mais non pourvus. Leur embauche pourrait donc se faire très rapidement.
- Travail commun gendarmerie-police municipale. L'échange d'informations et une coordination commune entre les différentes forces de l'ordre sont déjà prévus dans la convention Evidence, signée en juin dernier, pour toute l'académie, par la ministre de l'Outre-mer Georges Pau-Langevin. Il s'agit d'une sorte de déclinaison locale.
- La vidéosurveillance. Si elle est installé dans ou devant le lycée, la compétence en révient alors à la Région. Lors d'une réunion sur le sujet début septembre, de nombreux proviseurs s'étaient opposés à la vidéosurveillance, lui préférant la présence d'agents de sécurité.

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